• Plage Bonaparte à Plouha (Côtes d'Armor) - Haut-lieu de la Résistance

  • Sacy-le-Grand (Oise) - Mémorial en souvenir du F/O H. H. MacKenzie (RCAF)

  • Supermarine LF Mk.Vb Spitfire EP120 - G-LFVB - (The Fighter Collection)

  • Le Cardonnois (Somme) - Stèle à la mémoire de l'équipage du Boeing B-17 #42-31325, 452nd Bomb Group

  • B-17G-85-VE 44-8846 - F-AZDX - (FTV)

 

Eté 1944

 Saint Leu-d'Esserent dans la tourmente 

 

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Entre le 17 mars et le 31 août 1944, la ville de Saint-Leu-d’Esserent fut l’objet d'un nombre important de bombardements et mitraillages (selon certaines sources, il en est fait mention de 18) de la part de la 8th US Army Air Force, de la 9th US Army Air Force et de la Royal Air Force.
 
Les cibles visées étaient la gare de triage du Petit-Thérain, la ligne ferroviaire Creil-Pontoise, le port fluvial, le pont de Laversines, l’écluse, les batteries de la D.C.A allemande et les carrières souterraines qui abritaient les V1.
 
Creil - Petit Thérain - mars 1944

Petit-Thérain : bombardement du 28 mars 1944 vers midi par la 9th USAAF (source NARA)

 
Les attaques sur le sud de l'Angleterre par les bombes volantes V1, sont des nuisances réelles pour le peuple.
Steve Darlow, dans son livre "Sledgehammers for Tintacks", donne les chiffres suivants concernant les pertes dues aux V1 :
6 184 civils tués, 17 981 sérieusement blessés, 23 000 maisons détruites et des centaines de milliers endommagées.
 
La campagne de bombardement, débutée en 1943 (opération CROSSBOW) contre les rampes de lancement, a retardé et a réduit le nombre de tirs de V1 mais ne les a pas annihilés.
 
Saint Leu d'Esserent - 13 juin 1944

Photo de reconnaissance aérienne datant du 13 juin 1944

Le 29 juin 1944, le dépôt de St-Leu (code LEOPOLD) devient une cible prioritaire pour le Bomber Command afin de détruire la source d'alimentation des rampes de lancement (2 autres dépôts sont visés : Nucourt (code NORDPOL), dans le Val d'Oise, et Rilly-la-Montagne (code RICHARD), dans la Marne.
 
Les raids menés sur St-Leu et St-Maximin par la RAF, entraîneront des pertes considérables parmi les équipages de bombardiers :
54 quadrimoteurs détruits, 264 aviateurs tués, 45 sont faits prisonniers et 62 sont recueillis dans l'Oise et les départements limitrophes.
 
 Squadron 50 de la RAF

Squadron 50 de la Royal Air Force : embarquement pour une mission de nuit

 
Le premier raid de la Royal Air Force a lieu sur Saint-Leu en fin de journée le mardi 4 juillet 1944.
17 Lancasters, 1 Mosquito et 1 Mustang du célèbre 617 Squadron surnommé les "Dambusters" ("Briseurs de barrages") larguent 11 bombes Tallboy. La poussière et la fumée générées par les terribles déflagrations empêchent le largage des 6 autres bombes géantes. Aucun avion n’est perdu.
 
Le deuxième raid est la suite immédiate du premier, il se déroule dans la nuit du 4 au 5 juillet 1944.
231 Lancasters et 15 Mosquitos du 5e Groupe de la RAF larguent environ 1 157 tonnes de bombes explosives et 5 tonnes de bombes incendiaires en 3 vagues entre 01h31 et 01h45 (heure anglaise). Le bombardement est signalé comme étant précis par la RAF. La commune de Saint-Maximin, bien que non visée, fût durement touchée. 13 Lancasters ne rentrent pas en Angleterre. La RAF déplore 77 tués.
Un rapport allemand intercepté par les Britanniques le 5 juillet indique que l'entrée de la carrière n'est pas touchée, la route d'accès et la voie de chemin de fer sont détruites, néanmoins réparables en 24 heures. Les pertes humaines s'élèvent à 5 hommes du dépôt portés disparus. Pour les servants de la Flak (D.C.A.), on dénombre 5 tués, 6 blessés ainsi que 6 à 7 disparus.
 
Le troisième raid a lieu, toujours sur Saint-Leu, dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 juillet 1944.
208 Lancasters et 13 Mosquitos du 5e Groupe bombardent entre 01h16 et 01h30 (heure anglaise), se délestant, en 3 vagues venant par le sud-ouest, de 1 121 tonnes de bombes explosives et de 4 tonnes de bombes incendiaires. 32 avions sont perdus. C’est le bombardement le plus meurtrier pour les habitants de la ville. 10 personnes vont perdre la vie. De son côté, la RAF déplore 142 tués et 30 prisonniers mais 47 hommes seront sauvés par des particuliers et la Résistance.
 
Saint Leu d'Esserent - Carrière du Couvent  Saint Leu d'Esserent - La carrière du Couvent
Objectif : les carrières abritant les V1
A gauche : l'entrée de la carrière du Couvent
A droite : vue au dessus de la carrière du Couvent
(photos prises en septembre 1944)
 
Le quatrième raid a lieu dans l’après-midi du mercredi 12 juillet 1944.
168 Halifax, 46 Lancasters et 8 Mosquitos des 4e, 6e et 8e Groupes bombardent les carrières de Thiverny. La cible est couverte de nuages, le résultat ne peut être observé. Aucun appareil n’est perdu.
 
Le cinquième raid vise les carrières de Trossy-Saint-Maximin. Dans l’après-midi du mercredi 2 août 1944, 94 Lancasters et 2 Mosquitos larguent 650 tonnes de bombes. Tous les appareils retournent à leur base.
 
Le sixième raid est de nouveau dirigé sur Trossy-Saint-Maximin. Il se déroule dans l’après-midi du jeudi 3 août 1944.
191 Lancasters, 40 Halifax et 2 Mosquitos larguent 1 700 tonnes de bombes. 5 Lancasters sont perdus. La fumée générée par les explosions gêne considérablement la seconde vague. La ville de Saint-Maximin est sinistrée à plus de 90 %.
 
La septième attaque composée de 5 Mosquitos et de 61 Lancasters bombardent Trossy-Saint-Maximin le vendredi 4 août 1944. 2 Lancasters sont détruits.
 
Le huitième et dernier raid vise à nouveau Saint-Leu d’Esserent. En début d’après-midi du samedi 5 août 1944, une armada initiale de 456 appareils de la RAF (441 prendront part au raid, selon certaines sources), comprenant 60 Lancasters, 196 Halifax et 7 Mosquitos, pour la première vague, puis de 189 Lancasters et 6 Mosquitos pour la seconde, larguent environ 2 193 tonnes de bombes.
Un Halifax s’écrase aux environs du Carrefour des Ripailles (au nord de Chantilly), un second Halifax s'écrase lors de son retour en Angleterre. La liste des victimes de la ville s’allonge puisque 3 personnes perdent la vie lors de cette attaque.
 
Le bombardement du 5 août est le plus important jamais mené sur le département de l’Oise. Les communes de Gouvieux, Lamorlaye, Creil, mais surtout Précy-sur-Oise (12 tués) ne sont pas épargnées.
 
Début septembre 1944, après la Libération, Saint-Leu-d’Esserent est une ville fantôme. Une grande partie des 1 600 habitants avait évacué suite aux bombardements. La commune est sinistrée à 85%, dont 45% totalement. Hormis le quartier de la mairie miraculeusement épargné, les habitants ne reconnaissent plus leur ville. Ce n’est qu’un spectacle de désolation et de ruines.
 
Saint Leu d'Esserent - Rue Henri Barbusse  Saint Leu d'Esserent - Rue Christine
                 Saint-Leu-d'Esserent : le bas de la rue Henri Barbusse                                            Saint-Leu-d'Esserent : Rue Christine
 
        Saint Leu d'Esserent - Près du Quai d'Amont  Saint Leu d'Esserent - Rue de l'Hôtel-Dieu                      Saint-Leu-d'Esserent : à proximité du Quai d'Amont                                        Saint-Leu-d'Esserent : rue de l'Hôtel-Dieu
 
L’Eglise, joyau de la cité, a subi de sévères destructions. Des années de travaux seront nécessaires à sa remise en état. Le bétail a été décimé. La route Saint-Leu/Creil n'est plus carrossable et cela pour de longs mois. Aucun train et aucune péniche ne circulent. Le ravitaillement est très difficile, on manque de tout.
 
Le 20 octobre 1944, la municipalité demande l’adoption de la commune par une ville anglaise ou américaine :
"En raison des dégâts considérables des bombardements… qui ont atteint 85% des habitants, des monuments historiques tels que l’église, une grande partie des terres cultivables et des champignonnières et qui ont paralysé l’industrie locale par la destruction des principaux établissements industriels (Sucrerie, Petit-Thérain, port de déchargement des bateaux)… "
 
On peut noter que le 28 décembre 1944 : " Le gaz et l’électricité fonctionnent mais les travaux pour amener l’eau sont en cours. Les moyens de transport manquent pour apporter les baraquements pour les sinistrés".
 
En 1945, Saint-Leu-d’Esserent reste pour de longues années meurtrie par la guerre. Un grand nombre de sinistrés vivent dans des baraques provisoires ou dans des logements à moitié détruits. Le ravitaillement est insuffisant et se chauffer est difficile.
 
 
V1 à Paris en 1945
V1 exposé à Paris en 1945
 
Le 11 novembre 1948, la Croix de guerre 39/45 avec une citation à l’Ordre du Régiment est décernée à la ville de Saint-Leu-d’Esserent.
 
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux vétérans de la RAF et des familles de disparus sont venus en pèlerinage à Saint-Leu-d'Esserent.
 
Blason RAFES 
Insigne offert en octobre 1983 à la mairie de Saint-Leu-d'Esserent
par le F/L Keith J. Stevens de la Royal Australian Air Force
dont le Lancaster fut abattu dans la nuit du 7 au 8 juillet 1944.
 
31 civils, dont 16 Lupoviciennes et Lupoviciens, ont perdu la vie lors des différents bombardements de l'année 1944 sur le territoire de St-Leu. On peut ajouter 15 autres tués des communes voisines, Saint-Maximin, Précy-sur-Oise et Lamorlaye au mois d'août 1944 lorsque la ville de St-Leu était visée.
 
Le tonnage de bombes tombées du ciel en juillet/août 1944 est estimé à 9 000 tonnes.
 
 
 
Pertes du BOMBER COMMAND lors des raids sur Saint-Leu-d'Esserent et Saint-Maximin durant l’été 1944
 

Date

Type d’avion

Serial number

Squadron

Objectif

Tués

Prisonniers

Evadés

4-5 juillet 1944 Lancaster LL785   9 Saint-Leu 8 - -
4-5 juillet 1944 Lancaster ME699 44 Saint-Leu 6 - 2
4-5 juillet 1944 Lancaster PB195 49 Saint-Leu 7 - -
4-5 juillet 1944 Lancaster JB486 57 Saint-Leu 7 - -
4-5 juillet 1944 Lancaster JB723 57 Saint-Leu 7 - -
4-5 juillet 1944 Lancaster EE186 61 Saint-Leu - 5 2
4-5 juillet 1944 Lancaster ME832 106 Saint-Leu 6 - 1
4-5 juillet 1944 Lancaster ND339 106 Saint-Leu 1 2 4
4-5 juillet 1944 Lancaster LM125 207 Saint-Leu 7 - -
4-5 juillet 1944 Lancaster ND570 207 Saint-Leu 6 1 -
4-5 juillet 1944 Lancaster HK536 463 Saint-Leu 7 - -
4-5 juillet 1944 Lancaster ME614 463 Saint-Leu 8 - -
4-5 juillet 1944 Lancaster ME867 630 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster JA690   9 Saint-Leu 1 - 7
7-8 juillet 1944 Lancaster JA957   9 Saint-Leu 6 - 1
7-8 juillet 1944 Lancaster JB116   9 Saint-Leu 4 3 -
7-8 juillet 1944 Lancaster LM631 44 Saint-Leu 2 - 5
7-8 juillet 1944 Lancaster ME634 44 Saint-Leu 2 3 2
7-8 juillet 1944 Lancaster ME859 44 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster LL976 49 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster LM541 49 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster PB207 49 Saint-Leu - - -
7-8 juillet 1944 Lancaster DV227 50 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster DV363 50 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster PA996 50 Saint-Leu 6 - 1
7-8 juillet 1944 Lancaster JB370 57 Saint-Leu - 3 4
7-8 juillet 1944 Lancaster LM522 57 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster ME868 57 Saint-Leu 3 1 2
7-8 juillet 1944 Lancaster ND867 61 Saint-Leu 5 1 1
7-8 juillet 1944 Lancaster R5856 61 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster ND966 83 Saint-Leu 5 1 1
7-8 juillet 1944 Lancaster JB641 106 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster ME668 106 Saint-Leu 4 3 -
7-8 juillet 1944 Lancaster ME789 106 Saint-Leu - 6 1
7-8 juillet 1944 Lancaster ME831 106 Saint-Leu - 2 5
7-8 juillet 1944 Lancaster PB144 106 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster LM129 207 Saint-Leu 3 3 1
7-8 juillet 1944 Lancaster LM218 207 Saint-Leu 5 - 2
7-8 juillet 1944 Lancaster ME805 207 Saint-Leu - 2 5
7-8 juillet 1944 Lancaster ND567 207 Saint-Leu 5 1 1
7-8 juillet 1944 Lancaster ND866 207 Saint-Leu 6 1 -
7-8 juillet 1944 Lancaster LM219 467 Saint-Leu 6 - 2
7-8 juillet 1944 Lancaster LM338 467 Saint-Leu 7 - -
7-8 juillet 1944 Lancaster ME745 619 Saint-Leu 2 - 5
7-8 juillet 1944 Lancaster ND688 630 Saint-Leu 6 1 -
3 août 1944 Lancaster PA162 61 Saint-Maximin 6 - 1
3 août 1944 Lancaster ME839 166 Saint-Maximin 5 1 1
3 août 1944 Lancaster PB125 460 Saint-Maximin 7 - -
3 août 1944 Lancaster ME568 619 Saint-Maximin 7 - -
3 août 1944 Lancaster LM163 625 Saint-Maximin 2 4 -
4 août 1944 Lancaster PA983 635 Saint-Maximin 8 - -
4 août 1944 Lancaster ND811 635 Saint-Maximin 3 - 4
5 août 1944 Halifax LL594 425 Saint-Leu 6 1 1
5 août 1944 Halifax MZ828 433 Saint-Leu 2 - -
TOTAL DES PERTES 54 264 45 62

 

9

Source : J-P Mathieu

 

4 août 1944

 

Squadron Leader Ian Willoughby BAZALGETTE

Victoria Cross, Distinguished Flying Cross

 

Lancaster Mk III ND811

Squadron 635 - Royal Air Force

 

Senantes (Oise)

 

                                                                                                                                                                                                                                             
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Ian Willoughby Bazalgette était né le 19 octobre 1918 à Calgary, au Canada, de parents anglo-irlandais, troisième enfant d’une famille à la tête d’une exploitation agricole.

Son père qui avait été blessé et gazé lors de la Première Guerre mondiale, en gardait toujours des séquelles. Eprouvant des difficultés à administrer sa ferme, il abandonna finalement son métier.  

En 1922, la famille Bazalgette partit s’établir à Toronto pendant environ trois ans puis son père décida d’emmener sa famille dans son pays natal : l’Angleterre.
C’est donc dans le Surrey, à quelques kilomètres au sud-ouest de Londres que grandissait le jeune Ian.
 
Vers l’âge de 13 ans, il fut atteint de tuberculose, ce qu’il l’obligea à suivre un traitement en sanatorium suivi d’une longue convalescence.
Au cours de sa jeunesse, il se passionnait pour l’écriture de la musique, la lecture et la photographie.

En juillet 1939, quelques mois avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Ian W. Bazalgette s’engagea dans la Royal Artillery et se retrouva affecté en Ecosse au 51e Highland Searchlight Regiment, équipé de projecteurs contrôlés par radars.

A partir de juillet 1940, débutait la bataille d’Angleterre. La Luftwaffe du Maréchal Goering tenta d’abord de détruire les convois britanniques dans la Manche puis s’attaqua, en vain, à la Royal Air Force avant de lancer le « Blitz », les bombardement de Londres et d'autres grandes villes britanniques.

En 1941, désirant s’impliquer davantage dans la guerre, Ian W. Bazalgette obtint son transfert dans la Royal Air Force qui avait besoin de pilotes. Au mois de juin, il rejoignait l’Angleterre et la 22 Elementary Flying Training School de Cambridge. Après une dizaine d’heures en double commande, il était lâché pour son premier vol en solo sur Tiger Moth le 3 août 1940.

S/L Ian W. BAZALGETTEAu fil des mois, Ian W. Bazalgette passa successivement par différentes écoles de vol de la RAF, apprenant à piloter des bimoteurs.
Sa formation de pilote de bombardier terminée, il fut finalement affecté au Squadron 115 du Bomber Command de la RAF, à Marham, dans le Norfolk.

Au cours de a dernière semaine de septembre, le Squadron était transféré sur la base de Mildenhall.

Le 30 septembre 1942, aux commandes d’un bimoteur Vickers Wellington avec équipage, le Pilot Officer Bazalgette effectua sa première mission au dessus de la Hollande.

A partir de ce moment et jusque la fin de l’année 1942, les missions nocturnes au dessus du territoire ennemi allaient se succéder pour le P/O Bazalgette et les équipages du Squadron 115. Entre temps, en novembre, il fut promu Flying Officer.

En février 1943, un nouvel appareil, le quadrimoteur Lancaster, commençait à remplacer les Wellington du Squadron 115, nécessitant la conversion des pilotes et de leurs équipages.

Sa première mission à bord de ce nouvel appareil comprenant un équipage de sept hommes eut lieu dans la nuit du 22 au 23 mars 1943. Il s’agissaitt de bombarder le port de Saint Nazaire mais les appareils furent rappelés avant d’atteindre l’objectif.

Tout au long de l’année 1943, des raids, auxquels le F/O Bazalgette prenait part, s’intensifiaient sur la Ruhr et les villes allemandes telles, Berlin, Essen, Duisbourg, Dortmund…, villes fortement défendues, occasionnant toujours un taux de pertes élevé parmi les appareils des Forces alliées.

Promu Squadron-Leader et ayant complété son premier tour d’opération, Ian W. Bazalgette se voyait décerner la Distinguished Flying Cross le 1er juillet 1943.

Fin 1943, désormais pilote expérimenté, il fut envoyé comme instructeur en Ecosse avant d’obtenir, après quelques semaines d’entraînement, son transfert au sein de la Pathfinder Force.

Au début de l’année 1944, il fut donc affecté au Squadron 635 basé à Downham Market, dans le Norfolk, dont les Lancaster étaient chargés de marquer, « d’illuminer », les cibles à bombarder.

 
Les missions reprenaient, toujours extrêmement dangereuses au dessus des villes et des sites stratégiques ennemis, jusqu’à la journée fatidique du 4 août 1944. Ce jour-là, dans la matinée, le S/L Bazalgette et son équipage s’envolèrent vers 11h15 de la base de Downham Market à bord du Lancaster ND811 "F2-T". C’était sa 58e mission opérationnelle, étant proche d’achever son second tour d’opérations.

 

L’équipage :

S/L Ian W. BAZALGETTE

RAF

Pilote

Sgt George R. TURNER

RAF

Flight engineer

F/L Geoffrey R. GODDARD

RAF

Navigateur

F/L Ivan A. HIBBERT

RAF

Bombardier

F/O Charles R. GODFREY

RAF

Opérateur-radio

F/S Vernon V. R. LEEDER*

RAAF

Mitrailleur dorsal

F/O Douglas CAMERON

RAF

Mitrailleur arrière


* Le F/S Vernon Leeder, de la Royal Australian Air Force, ne faisait pas partie de l’équipage habituel du S/L Bazalgette. Lors de la mission du 4 août 1944, il remplaçait le F/S Hurnhall.

L'équipage du S/L Ian W. BAZALGETTE
Ian W. Bazalgette, Geoffrey Goddard, Ivan Hibbert, Charles Godfrey, Bob Hurnhall, Douglas Cameron et George Turner
 

Dix Lancaster du Squadron 635 de la Pathfinder Force étaient désignés pour « marquer » la cible pour une force principale de 61 autres Lancaster de la Royal Air Force. L’objectif : le bombardement des carrières de stockage de fusées V-1 de Trossy-Saint Maximin, (Oise).

Depuis la mi-juin, ces bombes volantes frappaient l’agglomération londonienne et l’Angleterre. Il était donc d’une extrême importance pour le Bomber Command d’anéantir définitivement ce site. Pilonné massivement lors de raids nocturnes depuis le mois de juillet et fortement protégé par la défense antiaérienne et la chasse de nuit allemande, la Royal Air Force y avait déjà perdu nombres de ses bombardiers.

Cette nouvelle mission s’annonçait donc à hauts risques et des plus périlleuses pour les équipages.

Parvenus aux abords de l’objectif, alors que la formation se dirigeait droit vers la cible, la Flak se déchaîna. Les deux appareils qui précédaient le Lancaster du S/L Bazalgette étaient atteints par les tirs venus du sol. L’un d’eux, piloté par le F/L Robert W. Beveridge, plongea vers le sol, en flammes, et s’écrasa près du village de Saint Maximin. Tout l’équipage périt.

C’est au S/L Ian W. Bazalgette que revenait désormais la responsabilité de marquer la cible mais, à son tour, son appareil fut touché par la Flak. Les deux moteurs et les réservoirs d’essence de l’aile droite prirent feu. Les flammes léchèrent le fuselage. Parvenant à maintenir l’appareil en détresse en ligne de vol, le Squadron Leader Bazalgette largua avec précision les marqueurs et les bombes sur l’objectif, permettant aux autres Lancaster de bombarder le site.

Allégé de sa cargaison mais déséquilibré, le quadrimoteur se mit en vrille, perdant rapidement de l’altitude, ravivant le feu qui dévorait l’aile droite. Le sang froid et la maîtrise du S/L Bazalgette lui permirent de rétablir l’appareil.      

Les éclats de la Flak avaient aussi frappé la partie frontale du Lancaster, blessant gravement le F/L Hibbert. Le bras droit à demi arraché, il fut extrait de son poste dans un état critique par Turner et Godfrey qui l’emmenèrent vers l’arrière. Allongé sur une civière, on lui injecta de la morphine.

A bord, les membres de l’équipage combattaient les flammes. De la fumée et de l’essence se répandaient à l’intérieur de l’appareil, entraînant l’asphyxie du F/S Leeder.

Volant vers le nord-ouest, il était évident que le Lancaster ne pourrait pas regagner l’Angleterre.

Ayant perdu de l’altitude, ce fut au tour de l’un des moteurs de l’aile gauche de s’arrêter.

En accord avec le Flight Engineer Turner, le S/L Bazalgette ordonna à l’équipage d’évacuer l’avion. C’était le début d’après-midi. Aux environs du village de Senantes, dans l’Oise, Cameron, Turner, Goddard et Godfrey abandonnèrent tour à tour l’appareil d’une altitude de 1 000 mètres.

Conscient que le F/L Hibbert et le F/S Leeder étaient dans l’incapacité de sauter en parachute, le S/L Bazalgette refusa de les abandonner.

Après avoir évité le village de Senantes en effectuant un grand virage, il décida de tenter l’atterrissage du Lancaster en détresse dans un champ. A environ un kilomètre du village, l’appareil se posa parfaitement mais….explosa quelques secondes plus tard. Les trois aviateurs furent tués.

Mr Siméon Desloges, jeune enfant en 1944, se souvient d’avoir observer l’appareil en flammes qui avait évité le village à basse altitude. Puis une grande déflagration avait retenti suivie d’un grand nuage de fumée qui s’élevait dans le ciel.

Dans l’après-midi, les corps du Flight Lieutenant Hibbert et du Flight Sergeant Leeder furnt extraits des débris de l’avion. Ramenés dans l’église de Senantes, il fut décidé de les inhumer avec dignité dans le cimetière du village le dimanche suivant.

Mais dans la matinée de ce dimanche 6 août, tandis que la population s’apprêtait à rendre hommage aux deux aviateurs, les Allemands emmenèrent leurs corps et les inhumèrent dans le cimetière militaire de Beauvais-Marissel.

Les obsèques n’ayant donc pas lieu dans le village, la population de Senantes se rendit sur le site du crash, malgré la crainte de l’arrivée des Allemands, et déposa d’innombrables fleurs en signe de reconnaissance auprès des débris du Lancaster.

Senantes - Débris du Lancaster ND811

Les quatre aviateurs rescapés, recueillis aux alentours, signalèrent bientôt à leurs sauveteurs, malgré la barrière de la langue, qu’ils étaient sept à bord de l’appareil et que le corps du pilote se trouvait certainement encore dans l’épave. Discrètement, les recherches étaient de nouveau entreprises et les restes du S/L Bazalgette furent retrouvés dans les décombres.

Le corps du pilote fut conservé jusqu’à la cérémonie d’inhumation. Elle se déroula à Senantes le dimanche 8 octobre 1944 en présence de sa sœur Ethel, d’autorités militaires britanniques et françaises et d’une foule nombreuse venue rendre hommage à l’aviateur.

En 1945, le S/L Ian W. Bazalgette fut décoré à titre posthume de la Victoria Cross, la plus haute distinction militaire britannique, pour son sacrifice héroïque en ne voulant pas abandonner ses deux camarades blessés restés à bord.

Les quatre survivants avaient échappé aux recherches allemandes et à l’arrestation.

Charles Godfrey et Geoffrey Goddard avaient atterri proche l’un de l’autre, près du village de Senantes. Dans la soirée, ils furent cachés chez l’instituteur du village, Mr Laluet, où on leur fournit des vêtements civils. Avisé, Henri Maigret vint les interroger et les prendre en photos pour permettre l’établissement de leurs faux-papiers d’identité.

Le lendemain, désormais pris en charge par le réseau d’évasion « Alsace », Henri Maigret les emmena dans une charrette chez la famille Desserre, gérants de la ferme de la Boissière, à Blacourt, où ils furent hébergés jusqu’au 20 août, soit une douzaine de jours.

Par sécurité, il fut alors décidé de déplacer les deux aviateurs. Dans une carriole, Henri Maigret se chargea de les transférer, au milieu des troupes allemandes en déroute, à La Neuville-sur-Auneuil, dans la ferme de Pierre Muller.

L’arrivée des troupes alliées était imminente, la Libération approchait. Les fermes de la région regorgeaient d’aviateurs. Nombre d’entre eux étaient hébergés dans les environs et les possibilités d’accueil arrivaient à saturation.

Il fut donc décidé de créer un camp provisoire et de regrouper les aviateurs dans un bois touffu au Saussay, situé près de la commune de Porcheux.

C’est dans ce camp que furent emmenés par Pierre Muller, Charles Godfrey et Geoffrey Goddard, le soir de leur arrivée.

Une colonne blindée britannique les libéra le 30 août.

George Turner avait atterri près du hameau de Bois-Aubert, à quelques centaines de mètres de Senantes. Blessé au dos, il fut recueilli et hébergé chez René Cocu, cultivateur du hameau de Groscourt, où il attendit la Libération.

Après son atterrissage près de Glatigny et ayant fui de justesse les Allemands, Douglas Cameron fut hébergé par la famille Anse à Glatigny et la famille Roisse à Hanvoile. Il choisit ensuite de participer, avec la Résistance locale, à différentes actions de sabotage contre l’ennemi jusqu’à la Libération.  

Charles Godfrey et George Turner étaient revenus à plusieurs reprises après la guerre afin de remercier leurs sauveteurs. Ils étaient aussi présents le 4 août 1994, accompagnés de la fille de Douglas Cameron, lors de la cérémonie d’inauguration de la stèle érigée sur le lieu du crash en mémoire de leurs camarades disparus cinquante ans plus tôt.

Le 27 juillet 1990, au Bomber Command Museum of Canada de Nanton, situé au sud de Calgary dans l’Alberta, avait lieu une cérémonie en mémoire du Squadron Leader Ian Willoughby Bazalgette. A cette occasion, sa sœur Ethel, George Turner et Charles Godfrey dévoilèrent une plaque en l’honneur du pilote et un Lancaster portant les mêmes marquages de celui qu’il pilotait lors de la tragique mission du 4 août 1944, devenant ainsi le Ian Bazalgette Memorial Lancaster.

Le 15 août 2009, au musée de Nanton, était signé par leurs maires respectifs, l’acte de jumelage unissant le village de Senantes et la ville canadienne en mémoire du courage et du sacrifice du S/L Bazalgette.

Le 27 juin 2014, à Senantes, cet acte était contresigné par les représentants des deux communes à l'occasion d'une journée commémorative. 

"Baz", le livre retraçant l'histoire du S/L Bazalgette, par Dave Birrell. 

 

 

 

Nuit du 28 au 29 juin 1944

 

HANDLEY-PAGE HALIFAX III MP-B

Serial: MZ736

 

Squadron 76 - Royal Air Force

 

Sacy-le-Grand (Oise)

 

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 Squadron 76

Le 28 juin 1944 à 22h26, le Halifax III MZ736 du Squadron 76 décolle de la base de Holme-on-Spalding Moor dans le Yorkshire en Angleterre. L’objectif de sa mission est le bombardement des installations ferroviaires de Blainville (Meurthe-et-Moselle).

Attaqué à plusieurs reprises par la chasse de nuit allemande, il explose au-dessus de la commune de Sacy-le-Grand (Oise). Une partie de l’équipage a le temps d’évacuer l’appareil avant son explosion et peut se parachuter au-dessus de la région.

De nombreux débris du Halifax tombent à différents endroits de la commune en provoquant plusieurs incendies, mais sans occasionner de victimes parmi la population. 

Sacy-le-Grand - Débris du Halifax  Sacy-le-Grand - Débris du Halifax rue de l'abbé Corson

Les éléments les plus imposants du bombardier s'écrasent dans la propriété du Dr Cache, rue de l'Abbé Corson à Sacy le Grand.

Débris du Halifax  Sacy-le-Grand - Rue de l'abbé Corson

Une autre partie tombe dans l'actuelle rue du Dr Cache devant un porche. 

Sacy-le-Grand - débris rue du Dr Cache  Sacy-le-Grand - Rue du Dr Cache

Dans les restes de l’avion, deux corps sans vie seront retrouvés par les habitants et les soldats allemands présents sur les lieux.

Quatre aviateurs seront faits prisonniers après leur arrivée au sol et un cinquième échappera à l’occupant en étant recueilli par un agriculteur de la région.

          P/O I. R. McWEIR : Pilote du Halifax, il est fait prisonnier puis interné au Stalag Luft 1 de Barth (camp sud, baraque 10, chambre 6) au bord de la mer Baltique. 

          Sgt George T. HOWIE : Il est fait prisonnier puis est interné au Stalag IV B de Muhlberg (Elbe).

Sgt George Howie

Le Sgt George T. HOWIE

    F/S R. L. LIDBURY : Il est fait prisonnier puis est interné au Stalag Luft 7 de Bankau bei Kreuzburg (Haute Silésie, de nos jours en Pologne). 

    W/O O. S. WILSON : Il est fait prisonnier puis est interné dans le même camp que LIDBURY.

    Sgt A. W. OFFER : Après avoir évacué l’avion en parachute, il longe la route de Sacy-le-Grand à Catenoy pour échapper aux soldats allemands. Recueilli par Mr SADET, agriculteur à Catenoy, il sera caché dans cette famille jusqu’à la Libération et entretiendra une longue correspondance avec ses sauveteurs bien après la guerre.

Mariage du Sgt A.W. Offer Sgt A. W. OFFER

      F/O Kenneth J. BUNN : Tué lors de la chute d'une partie de l'appareil, il est inhumé au cimetière communal de Creil.

F/O Kenneth J. BUNN       Creil - La tombe du F/O Kenneth J. BUNN
                                                          F/O Kenneth J. BUNN

-                 

                       Sgt Jack Ph. GREGORY : Tué lors de la chute d'une partie de l'appareil, il est lui aussi inhumé au cimetière communal de Creil.

Creil - Tombe du Sgt Jack P. GREGORY

Les dépouilles de ces deux aviateurs resteront encore quelques temps à la vue des habitants de Sacy le Grand avant leur transfert vers Creil. Par respect, une habitante du village, Mme SIMONET Blanche déposera un bouquet de fleurs aux pieds des malheureux aviateurs. Les soldats allemands qui gardaient les corps jetteront ce bouquet à terre et signifieront leur vif mécontentement à Mme SIMONET.

Quelques pièces du Halifax seront récupérées et conservées par les habitants de la commune, comme cette trappe d'évacuation qui se trouvait au-dessus du poste de pilotage.

Trappe d'évacuation du Halifax   Trappe d'évacuation du Halifax 


 

8 juillet 1944

 

Boeing B-17G # 43-37747

 

452nd Bomb Group

729th Bomb Squadron

8th Air Force

 

Boubiers (Oise)

 

                                                                                                             

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Le Débarquement des troupes anglo-canadiennes et américaines s'était déroulé depuis le 6 juin mais la bataille faisait toujours rage en Normandie. L’offensive aérienne stratégique alliée se poursuivait et s’intensifiait quotidiennement, de jour comme de nuit, dans le ciel de France et de l’Ouest de l’Europe.

En ce 8 juillet 1944, la cible prioritaire définie par le 8e Bomber Command américain était le bombardement de la gare de triage de Rouen. Les Boeing B-17 « Forteresses volantes » du 452nd Bomb Group, basé à Deopham Green, furent désignés pour participer, parmi d’autres, à ce raid.

Au cours du briefing, les jeunes équipages prirent connaissance de l’objectif. A leur grand soulagement, il se situait proche des côtes de France. A priori, cette mission ne s’annonçait pas comme la plus difficile, contrairement aux jours précédents où ils avaient dû pénétrer profondément au dessus du territoire du Reich.

Tôt dans la matinée, chargés chacun de leur deux tonnes de bombes, les appareils décollaient un à un puis s’assemblaient en formation au dessus de l’Angleterre avant de mettre le cap vers la France.

Parmi ces équipages se trouvait celui du B-17 # 43-37747 :

1st Lt Everett G. HANSON Jr Pilote 20 ans Mort au combat East Blackstone, Massachusetts
2nd Lt James H. HEINZEN Copilote 26 ans Mort au combat Wayzata, Minnesota
2nd Lt Leonard S. MARCUS Navigateur 26 ans Mort au combat Worcester, Massachusetts
1st Lt Donald J. LYMA Bombardier 19 ans Mort au combat Sacramento, Californie
T/Sgt George I. GRISSOM Mitrailleur supérieur 20 ans Mort au combat Hammond, Indiana
T/Sgt Chester L. POOL Opérateur-radio 20 ans Mort au combat Oklahoma City, Oklahoma
S/Sgt Lloyd P. POHRTE Mitrailleur ventral 19 ans Mort au combat Berwyn, Illinois
S/Sgt Russell D. JONES Mitrailleur latéral droit 21 ans Mort au combat Baltimore, Maryland
S/Sgt Arthur SCHULZE Mitrailleur latéral gauche 25 ans Prisonnier Chicago, Illinois
S/Sgt Van J. McMANUS Mitrailleur de queue 19 ans Mort au combat York, Caroline du Sud

 

1st Lt Everett G. HANSON Jr  2nd Lt James H. HEINZEN  2nd Lt Leonard S. MARCUS  1st Lt Donald J. LYMA

        1st Lt Everett G. HANSON Jr            2nd Lt James H. HEINZEN             2nd Lt Leonard S. MARCUS                      1st Lt Donald J. LYMA

            
S/Sgt Russell D. JONES  S/Sgt Athur SCHULZE  S/Sgt Van J. McMANUS

                                                 S/Sgt Russell D. JONES            S/Sgt Arthur SCHULZE              S/Sgt Van J. McMANUS

Aux commandes de l’appareil, le 1st Lt Everett G. Hanson Jr était un pilote expérimenté malgré son jeune âge. C’était sa 32e mission, comme pour la plupart des membres de son équipage.

Stationné en Angleterre depuis le mois de mai, cet équipage était désormais très soudé et aguerri. Chacun éprouvait une totale confiance envers l’autre.

Ce 8 juillet revêtait un aspect particulier pour le 1st Lt Hanson : c’était son vingtième anniversaire. Si la mission venait à se dérouler parfaitement, il le fêterait au mess du Squadron avec les membres de son équipage après le retour à la base. Il ne leur resterait alors plus que trois missions à effectuer avant de pouvoir enfin rentrer au pays et retrouver leurs proches.

Les formations de bombardiers survolaient maintenant la Manche. La météo se dégradait progressivement. Des couches nuageuses obligeaient les appareils à perdre de l’altitude entraînant une certaine désorganisation au sein des formations.

Dès le franchissement de la côte française, la Flak, la défense antiaérienne allemande, se déchaîna, tentant d’abattre les appareils qui s’alignaient pour la phase finale d’approche.

Il n’était plus question de dévier de la trajectoire. Malgré les éclatements des obus de gros calibre de la Flak qui entouraient et frappaient les appareils, il fallait maintenir le cap, droit vers l’objectif.

Parvenus au dessus de la cible, à haute altitude, celle-ci était masquée par les nuages. Le bombardement s’avèra impossible.

Certains appareils, dont celui piloté par le 1st Lt Hanson, mirent alors le cap au sud-est en direction de Mantes-la-Jolie. C’était l’un des secteurs secondaires à bombarder tel qu’il avait été défini lors du briefing.

Les ponts enjambant la Seine et les installations ferroviaires de la ville étaient des cibles potentielles. Il fallait à tout prix désorganiser l’ennemi qui tentait d’envoyer des renforts vers le front de Normandie.

A quelques kilomètres plus au nord, les carrières souterraines de Nucourt, connues pour abriter un centre de stockage de bombes volantes V1, étaient aussi une cible à détruire. Depuis la mi-juin, ces armes secrètes à fort pouvoir de destruction frappaient l’agglomération londonienne où elles semaient la terreur.

Ces secteurs de Mantes-la-Jolie et de Nucourt étaient fortement protégés par une ceinture de canons antiaériens qui ouvraient le feu à l’approche des bombardiers. L’enfer se déchaîna à nouveau.

Selon les témoignages d’autres pilotes du Groupe, le B-17 piloté par le 1st Lt Hanson fut frappé de plein fouet par un tir direct de l’artillerie antiaérienne dans le secteur de Nucourt. L’appareil fut littéralement brisé en deux parties, entraînant immédiatement dans la mort neuf de ses dix membres d’équipage.

Miraculeusement, seul le S/Sgt Arthur Schulze parvint à s’extraire de l’appareil. Actionnant son parachute, il atterrit à proximité du terrain allemand de Boissy-le-Bois où stationnaient les redoutables chasseurs de la JG 26. Le S/Sgt Schulze fut rapidement fait prisonnier et fut transféré par la suite au Stalag Luft IV en Poméranie jusqu’à la fin de la guerre.

La Forteresse volante, totalement disloquée et en partie en flammes, vint s’abattre aux abords du village de Boubiers.

Boubiers - Site du crash

Le site du crash

Les corps des neuf aviateurs furent extraits des débris de l’appareil. Certains d’entre eux furent identifiés grâce à leurs plaques d'identité. Au poignet du S/Sgt Jones fut retrouvé un bracelet avec l'inscription "Hands-off, this guy is mine - Sara"* suivie de son nom et de son matricule militaire.

*"Bas les pattes, ce gars est à moi - Sara"

Deux jours plus tard, le 10 juillet, la population assistait avec un profond sentiment de respect à l’inhumation, dans le cimetière du village, des neuf aviateurs. Ils y reposèrent jusqu’à la fin de la guerre.

Boubiers - L'église  Boubiers - Le cimetière

                                          L'église de Boubiers et le lieu où furent inhumés les corps des neuf aviateurs jusqu'à la fin de la guerre.

Pendant ce temps, aux Etats-Unis, les parents et les épouses des aviateurs ignoraient encore tout de la tragédie mais l’inquiétude et l’angoisse grandissaient au fil des jours. Ils étaient sans nouvelles.

A la fin du mois de juillet, chacune des familles reçut le télégramme tant redouté envoyé par le Commandement. Il leur annonçait que leurs fils ou leur mari avait été porté disparu depuis le 8 juillet, sans davantage d’informations. Un infime espoir subsistait malgré tout. Toutes les familles se raccrochaient à l’idée qu’ils avaient peut-être été recueillis par la population et qu’ils étaient sur les chemins de l’évasion…

Cet espoir fut totalement anéanti plusieurs mois plus tard. C’est au cours du mois d’avril 1945 qu’un nouveau télégramme les avisa officiellement de la mort au combat des neuf aviateurs.

Télégramme adressé à la famille LYMA  Donald J. Lyma - Coupure de presse

                        Le télégramme tragique annonçant à ses parents la mort au combat du 1st Lt Donald J. Lyma

2nd Lt James H. HEINZEN - Journal    2nd Lt James H. HEINZEN - Presse

Par les services de la Croix-Rouge, la famille Schulze prit bientôt connaissance que leur fils était maintenant prisonnier de guerre.

L’Armée américaine libéra la région le 30 août.

Les corps des neuf aviateurs furent exhumés et formellement identifiés dans les mois qui suivirent par la Commission américaine des sépultures. Ils furent ensuite transférés dans des cimetières militaires provisoires, notamment à Solers, en Seine-et-Marne, en ce qui concerne le 1st Lt Lyma et le S/Sgt McManus.

A la demande de leurs familles, les corps des Lt Hanson et Heinzen ainsi que des Sergents Grissom et Pool furent rapatriés aux Etats-Unis.

Saint Avold - Tombe du 2nd Lt Leonard S. MARCUS  Saint Avold - Tombe du 1st Lt Donald J. LYMA  Saint Avold - Tombe du S/Sgt Lloyd P. POHRTE

Les Lt Marcus et Lyma ainsi que le S/Sgt Pohrte reposent en France dans le cimetière militaire américain de Saint Avold, en Moselle.

 

                                               Epinal - Tombe du S/Sgt Van J. McMANUS   Neupré - Tombe du S/Sgt Russell D. JONES

Le S/Sgt McManus repose dans le cimetière militaire américain d’Epinal, dans les Vosges, et le S/Sgt Jones dans celui de Neupré, en Belgique.  

 

Arthur SCHULZE

Au cours de sa captivité, Arthur Schulze souffrit énormément, comme tant d’autres, des privations mais aussi du froid terrible de l’hiver 1944/45. Après plusieurs tentatives, il parvint à s’évader au printemps 1945 et à rejoindre les troupes britanniques qui se rapprochaient.

Arthur Schulze resta marqué toute sa vie par la terrible tragédie vécue le 8 juillet 1944. Il décéda le 20 janvier 2009, à l’âge de 89 ans.

 

                                                                                                                                        Arthur Schulze après guerre

 

                                                                                                                                                                        
 
  Boubiers - Vestiges du B-17
Vestiges de la partie arrière du B-17 # 43-37747 dans l'immédiate après-guerre.
 
          1st Lt Everett G. HANSON Jr en 1943      2nd Lt Leonard S. Marcus, San Marcos,Texas, en 1943
                                                   1st Lt Everett G. Hanson Jr en 1943           2nd Lt Leonard S. Marcus à San Marcos, Texas,

                                                                                                                                                         en 1943.

 1st Lt Donald J. LYMA, Victorville, Californie, en octobre1943      S/Sgt Van J. McMANUS
                                         1st Lt Donald J. Lyma à Victorville, Californie                            S/Sgt Van J. McManus    

                                                                      en octobre 1943 

 

Le 8 mai 2015, une cérémonie a été organisée en mémoire de l'équipage.

Sources : Archives américaines, familles des membres de l'équipage, municipalité de Boubiers.

Avec un remerciement spécial à Mme Janice Kidwell. 

 

27 juin 1944

 

B-24H “Liberator” # 42-95280 “Square Dance

 

 445th Bomb Group

701st Bomb Squadron

8th Air Force

 

Mello (Oise)

 

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Le 27 juin 1944, en début d’après-midi, une quarantaine de bombardiers lourds B-24 “Liberator” décollaient de différentes bases disséminées en Angleterre. Leur objectif : pilonner, en deux vagues successives, la gare de triage du Petit-Thérain, près de Creil. Les quadrimoteurs du 445th Bomb Group de la 8th Air Force basés à Tibenham, Norfolk, participèrent au raid. Parmi eux, le B-24 “Liberator” # 42-95280 “Square Dance”.
 
B 24 Liberator 

B-24 “Liberator”

 

L’équipage du B-24 #42-95280 “Square Dance” :

1st Lt Clifton G. MILLER Pilote 22 ans Evadé Belding, Michigan
2nd Lt Ralph L. HALL Copilote 22 ans Evadé Lakewood, Ohio
1st Lt Arlee T. RENO Navigateur Mort au combat Spring Lake City, New Jersey
2nd Lt Walter A. STRYCHASZ Bombardier 26 ans Mort au combat Cleveland, Ohio
T/Sgt John H. LEAHY Opérateur-radio 32 ans Mort au combat Chicago, Illinois
T/Sgt Wayne E. BRAND Mitrailleur dorsal 23 ans Evadé Dublin, Mississippi
Cpl Edward L. SMITH Mitrailleur ventral 24 ans Prisonnier Monessen, Pennsylvanie
S/Sgt Walter B. SCHUM Mitrailleur latéral 20 ans Mort au combat Altoona, Pennsylvanie
S/Sgt William H. SALIO Mitrailleur latéral Prisonnier Cincinnati, Ohio
S/Sgt John F. GOAN Mitrailleur de queue 23 ans Evadé Chattanooga, Tennessee

 

Aux abords de l’objectif, la défense antiaérienne allemande ouvrait le feu. Les obus de 88 mm éclataient à haute altitude, tentant d’abattre les appareils alliés qui approchaient.

A environ 7 500 m d’altitude, le B-24H “Square Dance” piloté par le 1st Lt Clifton G. Miller, parvint à larguer, à l’heure prévue, sa cargaison de bombes qui plongeait en sifflant vers l’objectif malgré les éclatements meurtriers de la redoutable défense antiaérienne ennemie.

Quelques instants plus tard, le bombardier fut touché de plein fouet par un obus qui éclata entre la soute à bombe et le nez de l’appareil. Le B-24 s’enflamma immédiatement. Le 1st Lt Arlee T. Reno et le 2nd Lt Walter A. Strychasz furent tués instantanément à leurs postes.

La situation était désespérée. Ordre était donné par le pilote d’évacuer l’appareil devenu incontrôlable. Les aviateurs rescapés se parachutèrent les uns après les autres juste avant l’explosion du quadrimoteur en plein ciel, à la verticale du village de Mello.

Le T/Sgt John H. Leahy, semble-t-il, perdit la vie à ce moment. Aperçu pour la dernière fois par ses compagnons en train de s’équiper de son parachute, il avait tenté jusqu’au bout de combattre les flammes qui ravageaient la soute à bombes.

T/Sgt John H. Leahy

T/Sgt John H. Leahy, opérateur-radio

Les débris disloqués de l’appareil s’abattirent sur une large étendue près du “Champ des Roses”, dans le parc du château de Mello. Il était environ 19h30.

Mello - Site du crash du B-24 # 42-95280 “Square Dance”

Une partie de l’épave du B-24 “Square Dance”

Les corps des trois aviateurs furent extraits des débris par l’Armée allemande. Ils seront inhumés le 29 juin dans le cimetière de Creil. Ils y reposeront jusqu’à la fin de la guerre.

Arlee T. Reno repose aujourd’hui dans le cimetière américain d’Epinal, dans les Vosges. Les corps de Walter Strychasz et de John Leahy furent rapatriés aux Etats-Unis. Walter Strychasz repose désormais à Cleveland, dans l’Ohio, et John Leahy à Forrest Park, dans l’Illinois.

Schum

 

Le destin tragique du S/Sgt Walter B. Schum reste toujours énigmatique aujourd’hui.

Selon le témoignage de Gilbert Marionval du Groupe de Résistance “Valmy”, le S/Sgt Walter B. Schum aurait atterri à Cauffry et avait une jambe fracturée. Il fut dans un premier temps secouru par la population. Arrivés rapidement, les Allemands l’auraient emmené au Château des Rochers, à Nogent-sur-Oise, transformé en centre de soins pour les blessés évacués du front de Normandie. Porteur d’une étoile de David autour du cou, le S/Sgt Schum aurait été exécuté par les Allemands le lendemain.

Une autre source mentionne que le corps d’un aviateur aurait été retrouvé à proximité du hameau de Barisseuse. S’agit-il de celui du S/Sgt Walter B. Schum ? Rien ne permet de l’affirmer et le mystère demeure.

Comme ses trois malheureux compagnons d’équipage, le S/Sgt Walter B. Schum sera inhumé dans le cimetière de Creil le 29 juin.

Exhumant son corps dans les semaines qui suivirent la Libération, une commission d’investigation américaine aurait constaté qu’il avait eu la gorge tranchée. L’enquête aurait été classée "Crime de guerre".

Le S/Sgt Walter B. Schum repose aujourd’hui à Altoona, en Pennsylvanie.

                                                                                                                                              
 
 
                                                                                                                                                                                           S/Sgt Walter B. Schum

                                                                                                                                                                     

Peu de temps après avoir atterri, le S/Sgt William H. Salio fut capturé par les Allemands près de Pont-Sainte-Maxence puis transféré dans un hôpital de Beauvais. Le caporal Edward L. Smith toucha le sol à proximité de Rantigny où il fut pris par l’ennemi. Les deux aviateurs seront envoyés par la suite dans des camps de prisonniers en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre. Le caporal Smith sera notamment détenu au Stalag Luft IV, en Poméranie, dans l’actuelle Pologne.

Les quatre autres aviateurs seront plus chanceux. Secourus par la population dès leur atterrissage, ils seront remis aux organisations structurées de la Résistance.

 

Les témoignages après-guerre du S/Sgt John F. Goan et du 2nd Lt Ralph L. Hall permettent de mieux comprendre comment ils ont pu échapper à l’ennemi après avoir touché le sol de France.  

Le S/Sgt Goan s’extirpa difficilement de la tourelle arrière du B-24 et parvint à ouvrir son parachute après avoir flotté un moment dans les airs. Lors de sa descente, il aperçut une aile brisée de son appareil qui plongeait vers le sol.

Le 2nd Lt Ralph L. Hall évacua l’appareil très peu de temps après le S/Sgt Goan. Il se rendit vite compte que dans la précipitation, il s'était équipé de son parachute…à l’envers. Il parvint cependant à tirer la poignée d’ouverture qui se trouvait dans son dos. Lorsque le parachute se déploya, il s’aperçut qu’il n’était fixé qu’à une seul côté de son harnais. Il put apercevoir à peu de distance en dessous de lui, le S/Sgt Goan qui descendait vers le sol, suspendu sous son parachute.

Le S/Sgt Goan atterrissait durement et perdait connaissance pendant quelques instants. Lorsqu’il reprit ses esprits, une jeune fille se trouvait auprès de lui. Elle l’aida rapidement à se défaire de son harnais puis pointa la direction d’un bois tout proche vers lequel il allait devoir courir.

Le 2nd Lt Hall avait atterri en douceur à quelques centaines de mètres du S/Sgt Goan. Après s’être débarrassée de son harnais, des Français se précipitèrent pour l’aider. Il rejoignit son compagnon qui souffrait du dos. La jeune fille l’aida à se relever puis les deux aviateurs se dirigèrent vers le bois. Le 2nd Lt Hall avait perdu ses bottes et ses gants lors de sa chute.

Sous les arbres, le Sgt Goan creusa un trou et dissimula leur équipement, ne gardant que leur kit d’évasion. Puis les deux aviateurs s’enfoncèrent davantage dans le bois pour y passer la nuit.     

Tôt le lendemain matin ils rencontrèrent un Français qui leur donna de la nourriture. Ils furent ensuite emmenés vers la grange d’une ferme régit par la famille Matthys, dans le hameau de Barisseuse, proche de Saint-Vaast-lès-Mello. Le Dr Jean Pichon, du village de Mello, vint examiner les deux aviateurs et leur promit de revenir les voir le lendemain. Dans la soirée, l’abbé Claude, qui parlait anglais, vint leur rendre visite et leur annonça qu’ils allaient rester là pour la nuit. Des vêtements civils furent fournis aux deux Américains.

Revenu le lendemain, le prêtre les emmena chez lui. Les deux aviateurs y séjournèrent pendant neuf jours.

Le parcours d’évasion du 2nd Lt Ralph L. Hall et du S/Sgt John F. Goan se poursuivra par Chantilly où ils seront hébergés par Louis Mesureur, “Louis le coiffeur” rue du Connétable, puis par Saint Leu-d’Esserent, pris en charge par la famille Cochet. Ils seront ensuite convoyés dans le 17e arrondissement de Paris, chez Mme Yvonne Diximier. Fin juillet, les deux Américains seront conduits dans le camp de la forêt de Fréteval (Loir-et-Cher) en attendant l’arrivée des troupes alliées libératrices.

 

Ouvrant immédiatement son parachute afin d’éteindre les flammes de sa combinaison de vol en feu, le vent fit dériver le T/Sgt Wayne E. Brand. Il atterrit à proximité du village d’Angicourt. Dans la région, il rencontra son pilote, le 1st Lt Clifton G. Miller, quelques jours plus tard. Le parcours de son évasion n’est pas clairement défini mais il rejoignit, lui aussi, le camp de Fréteval.

 

Le 1st Lt Clifton G. Miller, quittant les commandes de l’appareil, parvint à gagner la soute à bombes au milieu des flammes et se jeta dans le vide. Il atterrit en parachute sur les hauteurs du village de Laigneville avec une blessure à la jambe et le visage brûlé.

Témoin de sa chute, la famille Wattier se porta immédiatement à son secours. Elle le soigna sommairement avant que le pilote parte se cacher dans un bois à proximité pour la nuit afin d’échapper aux recherches allemandes.

CliftonGMiller

1st Lt Clifton G. Miller

Le lendemain matin, le 1st Lt Miller retrouva Mme Marcelle Wattier qui l’hébergea pendant trois jours. Ancienne infirmière pendant la Première Guerre mondiale, elle soigna l’aviateur avec la complicité du Dr Aubry de Liancourt.

Avisé de la présence du pilote américain, Gilbert Marionval, du Groupe “Valmy”, vint le prendre charge, accompagné par deux camarades : René Maillet et Marcel Defrance. Le pilote, recouvert d’une couverture et de chaises, fut transporté au nez et à la barbe des Allemands dans une charrette à bras chez Irène Marionval, la mère de Gilbert, rue du Paleron à Nogent-sur-Oise.

Blessé, le 1st Lt Miller était dans l’incapacité de poursuivre son évasion. Il fut caché dans une chambre à l’arrière de maison avec interdiction de sortir. Des éléments des Jeunesses Hitlériennes paradaient souvent dans les rues et il ne fallait prendre aucun risque. Le Dr Jean Bell vint lui rendre visite de temps en temps pour le soigner.

Le 1st Lt Clifton G. Miller resta ainsi caché chez la famille Marionval pendant de nombreux jours mais le 24 juillet, la Gestapo arrêta un voisin qui avait été dénoncé comme résistant. Par précaution, l’aviateur fut d’abord emmené chez Fernand Belloy qui demeurait dans la même rue puis chez la famille Parrot, rue Pasteur. Un peu plus tard, il fut de nouveau déplacé. Il séjourna chez la famille Thellier avant que le Dr Georges Debray vienne un jour le chercher. Il l’emmena chez Laure Vacher et Henriette Giral à Creil. Tout au long de son périple, le Dr Bell continua de soigner les blessures de l’aviateur. Après plusieurs jours, il fut ramené chez la famille Marionval, à Nogent, qui le prit en charge jusqu’au 31 août, jour de la Libération de la ville. Le 1st Lt Miller fut alors récupéré par ses compatriotes puis rapatrié en Angleterre avant de regagner les Etats-Unis.

En septembre 1991, Clifton G. Miller était revenu dans la région creilloise, accompagné de son épouse, afin de remercier personnellement avec un profond sentiment de gratitude, ses sauveteurs qui avaient pris tous les risques pour le sauver au cours de l’été 1944.

Miller et sa femme en 1991 Nogent
Clifton G. Miller et son épouse en 1991

à Nogent-sur-Oise

 

30 octobre 2016 : cérémonie à Mello en présence de la nièce du T/Sgt John H. Leahy.

 

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