• Plage Bonaparte à Plouha (Côtes d'Armor) - Haut-lieu de la Résistance

  • Sacy-le-Grand (Oise) - Mémorial en souvenir du F/O H. H. MacKenzie (RCAF)

  • Supermarine LF Mk.Vb Spitfire EP120 - G-LFVB - (The Fighter Collection)

  • Le Cardonnois (Somme) - Stèle à la mémoire de l'équipage du Boeing B-17 #42-31325, 452nd Bomb Group

  • B-17G-85-VE 44-8846 - F-AZDX - (FTV)

 

1er au 3 septembre 2017

 

Campremy (Oise)

 

Visite d’une délégation de la “Defense POW/MIA Accounting Agency

 

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Quatre ans après leur première visite, de nouveau nous avons eu le grand honneur de recevoir et d’accompagner une délégation de la “Defense POW/MIA Accounting Agency”. La noble mission de cet organisme américain mandaté par le Pentagone, à Washington D.C., est de déployer dans le monde des équipes de recherche composées d’historiens et de scientifiques afin de tenter de retrouver les restes des plus de 82 000 soldats, aviateurs, marins ainsi que du Corps des Marines, toujours portés disparus au cours des différents conflits. "No one left behind" telle est la promesse faite par le Département de la Défense pour récupérer ceux qui sont toujours portés disparus de nos jours.

DPAA 

Que ce soit pendant la Seconde Guerre mondiale, pendant la Guerre Froide, en Corée, au Vietnam ou en Irak, aucun de ces combattants américains n’est abandonné et oublié.

Environ 16 millions d’Américains servirent tout au long de la Seconde Guerre mondiale. Plus de 400 000 d’entre eux tombèrent au combat. Environ 73 000 sont, encore de nos jours, sans sépulture dont 20 000 aviateurs portés disparus (Missing in Action) essentiellement en Europe et pendant la guerre du Pacifique.

La mission de cette équipe de recherche composée de deux historiens et d’un archéologue médico-légal accompagnés d’une interprète se portait une nouvelle fois sur le cas du S/Sgt James H. Coleman.

Campremy - DPAA

L'historien Josh Fennell (à gauche) et son équipe.

Mitrailleur de tourelle ventrale à bord de la Forteresse volante # 42-31388 du 306th Bomb Group de la 8th Air Force qui s’est abattue sur le territoire de Campremy le 11 février 1944, le S/Sgt Coleman fut tué à son poste lors d’une attaque de chasseurs de la Luftwaffe au dessus de notre département. Originaire de l’Indiana, il était âgé de 27 ans.

Les quelques fragments d’ossements de son corps retrouvés dans l’épave disloquée de l’appareil furent inhumés par les Allemands dans le cimetière de Beauvais-Marissel.

Exhumés en avril 1945 par une Commission de l’Armée américaine, les restes du S/Sgt Coleman ne permirent pas son identification formelle. Ils furent par la suite remis en terre dans le cimetière militaire américain d’Epinal. Le S/Sgt Coleman y repose, toujours à ce jour, parmi les soldats non identifiés.

Selon les témoignages recueillis à l'époque, le quadrimoteur percuta le champ voisin, traversa la route avant de terminer sa course en se désintégrant. Plus de 73 ans plus tard, de nombreux petits débris de l’appareil sont toujours disséminés sur une large surface.

 

S/Sgt James H. COLEMAN  

Le S/Sgt James H. Coleman

Pendant trois jours, munie des autorisations nécessaires, la délégation américaine a donc méthodiquement mesuré et quadrillé le terrain. La zone a ensuite été explorée au moyen de détecteurs, à la recherche du moindre indice ou objet susceptible d’avoir appartenu à l’aviateur porté disparu (morceaux de vêtements, boutons, plaque d’identification…)

Campremy - DPAA

Le périmètre de fouille a rapidement été constellé de nombreux petits drapeaux rouges, jaunes et blancs indiquant la localisation de débris d’importance significative.

Une boucle de harnais de parachute, des boutons et des morceaux de tissu ont été retrouvés et emportés précieusement par les chercheurs. De retour au Etats-Unis et analysées, ces importantes découvertes permettront peut-être d’obtenir l’assurance qu’il s’agit bien de boutons d’uniformes et de toile de parachute.

Campremy - DPAA

La découverte de la boucle de parachute apporta encore davantage la confirmation, s’il devait en être, que le S/Sgt Coleman n’avait malheureusement pas évacué l’appareil, contrairement aux neuf autres membres de l’équipage.

Campremy - Boucle de parachute

La boucle du harnais de parachute

La présence exceptionnelle et le motif de la venue de cette équipe de recherche américaine dans notre département intéressa non seulement la presse écrite locale mais également, à notre grande surprise, la télévision régionale “France 3 Picardie”.

Campremy - DPAA

Josh Fennell interwievé par l'équipe de reporters de "France 3 Picardie".

 

Le reportage de France 3 Picardie

Ces trois journées de recherche ont permis de définir avec davantage de précision le périmètre où il serait certainement possible de retrouver des restes du S/Sgt Coleman. La zone a été cartographiée et chaque emplacement où ont été retrouvés des éléments d’importance a été relevé avec précision.

Campremy - DPAA

Le résultat de ces journées de recherche a été transmis au siège de la “Defense POW/MIA Accounting Agency”. Un programme de fouilles plus approfondies, employant des moyens beaucoup plus conséquents, est susceptible d’être établi dans un futur proche. L’ADN d’éventuelles découvertes d’ossements ou d’éléments de dentition du S/Sgt Coleman, analysés scientifiquement et comparés avec les descendants des membres de sa famille, pourrait alors permettre à l’aviateur de reposer dans une sépulture portant son nom.

Dans les jours qui ont suivi, les investigations de cette délégation américaine sur les chemins de la mémoire se sont poursuivies sur d’autres lieux de crashes dans les départements de la Somme, de la Seine-Maritime et du Calvados.                                                      

 

6 et 7 août 2017

 

Ully-Saint-Georges, Clermont (Oise)

 

Visite de Jane COOPER,

petite-fille du 2nd Lt Jarvis H. COOPER

 

 

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Jane Cooper, jeune new-yorkaise, et son mari Jesse qui effectuaient leur tout premier voyage en France nous ont rendu visite en ces premiers jours d’août. Très attachée à l’Histoire, Jane est venue découvrir les lieux qui avaient marqué une partie de la vie de son grand-père, le 2nd Lt Jarvis H. Cooper, au cours de l’hiver 1943/1944.

Le 2nd Lt Jarvis H. Cooper était navigateur à bord de la Forteresse volante “Judy” du 379th Bomb Group abattue le 30 décembre 1943 aux abords du village d’Ully-Saint-Georges, entrainant dans la mort quatre des dix occupants de l’appareil.

2nd Lt Jarvis H. Cooper

2nd Lt Jarvis H. Cooper

Le 2nd Lt Cooper fit partie des rescapés. Il fut immédiatement secouru près du hameau de Bonvillers, proche de Cauvigny, avant d’être dirigés vers Neuilly-en-Thelle. La suite de son évasion dans le département de l’Oise le verra passer à Crouy-en-Thelle, Clermont, Noailles, Montjavoult et Chaumont-en-Vexin, pris en charge par le réseau d’évasion “Alsace” dirigé par Gilbert Thibault à Auneuil.

Il séjourna ensuite à Paris. Début mai 1944, en cours de convoyage vers la frontière espagnole, le 2nd Lt Cooper et son pilote, le 2nd Lt Glenn Camp, furent faits prisonniers à bord d’un train près de Bayonne. Tous deux terminèrent la guerre au Stalag Luft I de Barth, en Allemagne, jusqu’à leur libération, début mai 1945, par l’Armée soviétique.

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C’est à Ully-Saint-Georges que nous avons accompagné Jane et Jesse. La population du village dont certains témoins du crash du bombardier ainsi que nos amis de l’Association “N’Oublie Pas 44” et leurs véhicules militaires d’époque s’étaient rassemblés auprès de la stèle rendant hommage aux aviateurs. Une réception était organisée en toute convivialité par la municipalité. Pendant ce temps, un appareil de l’aéroclub de Beauvais-Tillé, piloté par notre ami Bruno, survolait le village en hommage aux aviateurs américains.

Stèle d'Ully-Saint-Georges

Moment d’émotion pour Jane Cooper devant la stèle.

Après un dépôt de gerbes de fleurs au pied du mémorial, Yvon Corvellec, 1er adjoint, prenait la parole. Très honoré d’accueillir une nouvelle fois la famille de l’un de ces aviateurs américains, il prononçait quelques mots traduits simultanément en anglais :  

“…La présence de Jane nous va droit au cœur et nous fait plaisir car elle nous donne l’occasion de rendre un hommage sincère aux courageux aviateurs américains qui, comme Jarvis Cooper et comme tous ceux dont les noms sont à jamais gravés sur cette stèle, ont risqué, et parfois donné, leur vie pour que les démocraties triomphent de la barbarie nazie… Cette visite nous permet aussi d’évoquer la mémoire et de remercier les Français … et ils n’étaient pas si nombreux … qui ne se résignèrent pas et prirent tous le risques pour que survive notre liberté menacée… La petite cérémonie, solennelle et chaleureuse, qui nous réunit aujourd’hui associe, dans un même hommage, ces héros américains et français, connus ou anonymes et nous permet ainsi, non seulement, d’accomplir notre nécessaire devoir de mémoire mais aussi de célébrer, à notre modeste niveau, l’indéfectible amitié entre nos deux pays”. 

Ully-Saint-Georges

Très émue et contenant difficilement ses larmes, Jane, témoignant toute sa gratitude, remercia la municipalité ainsi que les habitants du village et toutes les personnes qui avaient pris tous les risques pour secourir son grand-père, soulignant qu’elle ne serait sans doute pas présente en ce jour sans leur bravoure.

  Stele Ully-Saint-Georges

Photos-souvenirs auprès de la stèle

Ully-Saint-Georges

Après avoir été convié à partager en toute convivialité le verre de l’amitié dans les locaux de la mairie, le temps était venu de prendre congé de nos amis d’Ully-Saint-Georges. La suite de notre visite allait se poursuivre à Clermont.

Plymouth - Ully-Saint-Georges

Départ d’Ully-Saint-Georges à bord d’une “Plymouth”.

C’est en effet dans cette ville au cœur du département de l’Oise que nous avons accompagné Jane. Elle put se rendre devant le domicile de la famille Legrand-Sauvage où son grand-père séjourna, en compagnie de son pilote et de quatre autres aviateurs américains, pendant trois semaines au cours du mois de janvier 1944.

Odette Sauvage - Gaston Legrand  Clermont
                                                   Odette Sauvage et Gaston Legrand                                                    Jane devant la maison, sur les hauteurs

                                                                                                                                                              de la ville, où son grand-père fut hébergé.

La journée du 6 août est une date qui revêt toujours un aspect particulier à Clermont. En effet, le 6 août 1944, au petit matin, le Résistant Jean Corroyer tombait sous les balles allemandes à proximité de son domicile après avoir été dénoncé. Arrêtés et déportés, sa femme et son fils ne revinrent jamais des camps d’extermination nazis.

Jean Corroyer était un ancien officier de la marine marchande, radioélectricien et adjoint de Georges Fleury dans la Résistance. Comme chaque année, une cérémonie était donc organisée pour lui rendre hommage ainsi qu’à sa famille par l’Association des Anciens FFI et leurs Amis, présidée par Patrick Fleury, et la ville de Clermont.

Jean Corroyer    Clermont

Le cortège composé de porte-drapeaux, d’élus municipaux, de membres des Associations accompagnés de Jane et Jesse et par la population, se rassemblait devant l’hôtel de ville avant de se diriger vers le lieu de la commémoration.

Clermont - Hommage à Jean Corroyer 

Dépôt des gerbes

Après le dépôt de gerbes devant la plaque commémorative, Patrick Fleury, prenait la parole pour rappeler le parcours et le rôle dans la Résistance de Jean Corroyer au côté de son grand-père, Georges Fleury.

Patrick Fleury  Clermont - Jane Cooper, Dominique Lecomte

                            Patrick Fleury                                                                           Jane Cooper et Dominique Lecomte                            

Evoquant aussi le devoir de mémoire, il déclarait “…faire savoir aux jeunes générations que certains comportements sont intolérables sous peine de perdre les droits fondamentaux qui font la force de notre République…

Au côté de Jane et au nom de l’Association des Sauveteurs d’Aviateurs Alliés, Dominique Lecomte retraça ensuite le parcours du 2nd Lt Jarvis Cooper qui l’avait amené à séjourner dans la ville au cours de son évasion. Un hommage était également rendu à tous les résistants clermontois et de sa région qui, dans un infaillible dévouement, avaient pris tant de risques pour soustraire à l’occupant ces hommes tombés du ciel. “…Cet hommage à Jean Corroyer et la présence exceptionnelle de Jane aujourd’hui, nous permettent de ne pas oublier les liens qui unissaient les combattants de l’ombre aux combattants des airs. Ils luttaient pour le même idéal, pour que la France retrouve sa Liberté…

Cette cérémonie en mémoire de la Résistance clermontoise, conclue par le Chant des Partisans et l’hymne national, fut de nouveau un moment de grande émotion, particulièrement pour nos visiteurs américains. Jane confia que, comme tant d’autres aviateurs alliés, son grand-père n’avait jamais oublié les sacrifices consentis par tous ces courageux Français qui lui avaient sauvé la vie au péril de la leur. Le 2nd Lt Jarvis Cooper est décédé en 1996 mais en 1977, lors d’un voyage en France en compagnie de son épouse, il était parvenu à retrouver et à remercier personnellement certains de ses sauveteurs.

L’ensemble de l’assistance était ensuite conviée à l’hôtel de ville pour le traditionnel verre de l’amitié.

Le lendemain de cette mémorable journée, nous avons accompagné Jane et Jesse sur le lieu du crash de l’appareil, à proximité du village d’Ully-Saint-Georges.

Ully-Saint-Georges - Site du crash

Dans le bois escarpé, une croix et un drapeau américain indiquent le lieu exact où le B-17 “Judy” avait terminé sa course le 30 décembre 1943. Parsemant la végétation et à sa grande stupéfaction, Jane a pu découvrir que de nombreux petits débris d’aluminium ou de plexiglas de l’appareil rappellent encore de nos jours le drame qui s’était déroulé là, 73 ans auparavant.

Ully-Saint-Georges - Site du crash
De multiples petites pièces de métal du bombardier à bord duquel se trouvait son grand-père

ont été précieusement emportés par Jane en souvenir.

Malheureusement, le temps passait hélas trop vite et le moment était venu pour nos amis américains de nous quitter. Très touchés par l’accueil chaleureux qui leur a été réservé tout au long de leur visite, Jane et Jesse ont promis de revenir nous rendre visite dans un proche avenir. En attendant, la suite de leur périple allait les emmener dans le Sud-Ouest de la France pendant quelques jours avant leur retour à New York.

 

 

4 et 5 mai 2017

 

Campremy, Agnetz, Clermont, Montataire (Oise)

 

Visite des enfants du S/Sgt Leonard F. Bergeron

 

 

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En ce début du mois de mai, l'Association des Sauveteurs d'Aviateurs Alliés-Oise  a eu le grand plaisir d’accueillir les trois fils du S/Sgt Leonard F. Bergeron, mitrailleur à bord d’une Forteresse volante du 306th Bomb Group abattue le 11 février 1944 dans notre région au retour d’une mission de bombardement sur l’Allemagne. Dennis, Stephen et Donald Bergeron, accompagnés pour les deux premiers de leurs épouses Pamela et Sandra, venus tout spécialement de Floride et du Connecticut, souhaitaient découvrir une partie du parcours et des lieux où leur père fut secouru et recueilli en février-mars 1944 dans notre région.

Ce pèlerinage débutait sur le site du crash de l’appareil à proximité des villages de Campremy et de Wavignies. Outre le fait de nous trouver à l’endroit-même où le quadrimoteur avait terminé sa course 73 ans auparavant, l’émotion était accentuée par la présence aux côtés de cette famille américaine des descendants des familles Pouly, Bouchard, Legrand-Sauvage et Fleury. Ces familles étaient venues en aide à l’époque au S/Sgt Bergeron dans la région clermontoise. Cette émouvante rencontre était suivie par une équipe de reporters de la télévision régionale France 3 Picardie qui nous fit l’honneur de nous accompagner pendant une grande partie de la journée.

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                                                                                                                            Les trois fils du S/Sgt Leonard F. Bergeron s'entretiennent
                                                                                                                                                     avec la  famille du Dr Bouchard
 
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                    Donald Bergeron interviewé par la télévision régionale                                      

Des détails sur les circonstances du crash de l’appareil étaient décrits. Lors de la chute du bombardier, le corps du mitrailleur de tourelle ventrale ne fut jamais retrouvé. En septembre 2013, en ce même lieu, nous avions reçu une délégation du Missing Personnel Office du Département de la Défense des Etats-Unis venue investiguer le site du crash afin de tenter de retrouver les restes du S/Sgt James H. Coleman, le seul membre de l’équipage qui perdit tragiquement la vie. Un panneau montrant de multiples petits débris de métal du bombardier était également présenté aux enfants du S/Sgt Bergeron.

La seconde étape de la visite nous emmenait à Gicourt, hameau de la commune d’Agnetz, à l’endroit-même où se trouvait l’ancienne entreprise de battage de Pierre Pouly. C’est dans cette maison que fut hébergé temporairement le S/Sgt Bergeron ainsi que deux de ses compagnons, le T/Sgt Hewitt et le S/Sgt Golden, dans la soirée du 11 février 1944. Un moment particulièrement émouvant pour Jean Pierre Pouly qui réside désormais dans le sud de la France. Sa maison natale, malgré des transformations, présente toujours le même aspect général. Agé de trois ans en février 1944, il n’a cependant conservé aucun souvenir du sauvetage des trois aviateurs par ses parents mais se souvient que son père en parlait quelquefois après la guerre.

Gicourt 3  Gicourt 2

Cette demeure, depuis de longues années convertie en restaurant, nous offrait l’opportunité d’y prendre le déjeuner. Ce repas pris sur le lieu-même où le S/Sgt Bergeron avait été recueilli, fut l’occasion pour les familles d’échanger et de partager nombre de photos et de souvenirs.

JPPouly   Repas

                                                     Jean Pierre Pouly

La suite de la visite s’est poursuivie au hameau de Wariville, près de Litz. C’est aux abords de cet immense domaine agricole que le S/Sgt Leonard F. Bergeron et ses deux compagnons avaient atterri en parachute. Recueillis par Pierre Pouly, entrepreneur de battage, et ses ouvriers, les trois aviateurs furent rapidement dissimulés dans une meule de foin jusque dans la soirée avant d’être emmenés à Gicourt.

Chaleureusement accueillis par le propriétaire des lieux, les fils du S/Sgt Bergeron éprouvaient une grande émotion de se retrouver sur le lieu où leur père avait touché et foulé pour la première fois le sol de France.

Wariville1    Wariville2

A la ferme de Wariville

Wariville3

 Dennis, Donald et Stephen Bergeron

La visite se prolongeait ensuite dans le centre-ville de Clermont, devant les ex-demeures du Dr Roger Bouchard et de la famille Legrand-Sauvage. Le S/Sgt Bergeron ainsi que plusieurs membres de son équipage séjournèrent pendant une semaine dans la ville en février 1944 avant de poursuivre leur évasion.

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                                  La maison du Dr Roger Bouchard                                           Devant la maison de la famille Legrand-Sauvage

Cette magnifique journée s’est terminée à l’hôtel de ville où une réception officielle était organisée par la municipalité de Clermont en l’honneur de la visite de cette famille américaine.

Accueillis chaleureusement par le maire, Mr Lionel Ollivier, celui-ci exprimait, au nom de sa municipalité, toute sa fierté d’accueillir les enfants du S/Sgt Leonard Bergeron ainsi que tous les descendants des familles clermontoises et de sa région qui avaient participé non seulement au sauvetage de l’aviateur mais également à tant d’autres. Outre les familles Pouly, Bouchard, Legrand-Sauvage et Fleury, Mr Didier Redaud, fils du Dr Gaston Redaud, nous honorait de sa présence. Ses parents avaient hébergé à l’époque le pilote et le copilote de l’appareil : le 1st Lt Geno Di Betta et le 2nd Lt Earl J. Wolf.

maireClermont

Mr Lionel Ollivier, maire de Clermont

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 Mme Arlette Baudet
 

Le parcours du S/Sgt Bergeron était retracé et récapitulé par Dominique Lecomte avant de laisser la parole à Mme Arlette Baudet, fille du Dr Roger Bouchard qui était également maire de Clermont à l’époque. Evoquant ses souvenirs, bien que très jeune en 1944, elle se souvient qu’une partie de sa maison était réquisitionnée par les Allemands. Son père lui interdisait de leur parler. Elle rappela aussi que son père resta toujours très discret vis-à-vis de ses enfants sur son activité au cours de la guerre. Sur le point d’être arrêté quelques temps après être venu en aide au S/Sgt Bergeron, il dut fuir. Lorsque les Allemands se présentèrent à son domicile, pour justifier son absence, sa mère leur tendit une lettre mentionnant que son mari l’avait abandonnée ainsi que ses enfants !

Après la Libération, le Dr Bouchard emmena ses enfants sur les plages du Débarquement en Normandie. Visitant alors les nombreux cimetières, il leur rappela le sacrifice de tous ces jeunes soldats tombés loin de leurs patries pour notre Liberté.

Patrick Fleury, petit-fils de Georges Fleury et Président de l’Association des Anciens FFI et leurs Amis, prenait ensuite la parole afin d’évoquer le devoir de mémoire si important de nos jours. Il a rendu hommage à toutes les familles qui n’hésitèrent pas à héberger et convoyer les aviateurs alliés en dépit de tous les risques au cours de l’Occupation. Ses grands-parents logèrent une multitude d’aviateurs, dont le S/Sgt Bergeron pendant une courte période, avant d’organiser la suite de leur évasion.

PatrickFleury  StephenBergeron
                                                       Patrick Fleury                                                                             Stephen Bergeron
 

S’exprimant au nom de sa famille, Stephen Bergeron s’est dit très honoré d’être reçu à Clermont et a tenu à remercier toutes les personnes qui ont participé à cette journée du souvenir en mémoire de son père. C’est avec une grande émotion que ses frères et lui ont pu marcher dans les pas de leur père tout au long de cette magnifique journée. Leur père n’avait jamais oublié les personnes de Clermont et de France qui lui avaient sauvé la vie et qui lui avaient permis de rentrer sain et sauf au pays. Leonard Bergeron ne parlait jamais de son expérience au combat mais ne manquait jamais d’exprimer une profonde reconnaissance envers toutes les personnes de la Résistance française qui lui avaient permis d’échapper à la capture ou la mort. Stephen précisa que son père aurait été très fier de savoir que nous n’avons pas oublié.

Pour clôturer la cérémonie et en souvenir de leur visite à Clermont, la municipalité a décerné à Dennis, Donald et Stephen Bergeron la Médaille de la ville.

Medaille1  Mdaille

Jeep1  Jeep2
Donald Bergeron à bord de l'un des véhicules de l'Association "N'Oublie Pas 44"
 

Le reportage télévisé de France 3 Picardie

 

Le lendemain, avant de partir pour la Normandie, la famille Bergeron avait souhaité se rendre à Montataire. Pendant leur séjour forcé dans le département de l’Oise, le S/Sgt Bergeron et son copilote le 2nd Lt Earl J. Wolf, après avoir quitté Clermont, ont été hébergé à Creil. Le dimanche, ils se rendaient au domicile de la famille Dorez pour y prendre des repas en compagnie d’autres aviateurs. 73 ans plus tard, nous avons pu nous rendre sur le lieu-même où 73 ans auparavant des photos avaient immortalisé ces moments.

Montataire 1  Montataire2
                                              Montataire 1944                                                                       73 ans plus tard... sur le même lieu
      Aviateurs alliés en compagnie de la famille Dorez et de leurs amis                                
                          Accroupi avec le chien : le S/Sgt Bergeron                                                      
                              A droite, le 2nd Lt Earl J. Wolf

 

Quelques jours plus tôt, à Paris, nous avions eu l’honneur de rencontrer Jacqueline, la fille de la famille Dorez. Témoin du séjour des aviateurs hébergés par ses parents (elle se trouve au centre, habillée en blanc), Jacqueline se souvient très bien de cet Américain, prénommé Leonard, né au Canada et qui avait la particularité de bien parler en français. 

Paris

 Jacqueline entourée de la famille Bergeron

Agée de 18 ans en 1944, Jacqueline se souvient : “Il était hébergé, avec son copilote Wolf, chez Mr et Mme Stubert qui habitaient à Creil et qui étaient les parents de mon beau-frère. Le dimanche, ils venaient chez nous, à Montataire. Ils étaient heureux de rencontrer deux autres aviateurs américains que nous hébergions, les 2nd Lts Lorenzi et Packer. Au cours des repas, ils se racontaient leurs aventures et plaisantaient beaucoup entre eux. Mr Stubert possédait un appareil, c’est pourquoi nous avons pu prendre des photos dans l’arrière-cour malgré les risques car les Allemands étaient présents dans la ville”.

 

Leonard F. Bergeron était revenu à Clermont en 1971 où il avait rencontré Odette et Gaston Legrand afin de les remercier personnellement. En 1976, Odette et Gaston étaient aussi allés lui rendre visite dans le Connecticut.

1971 Les familles Legrand-Sauvage et Bergeron réunies à Clermont en 1971.

 

Les années ont passé. Leonard F. Bergeron est décédé en 1991 et la plupart des témoins directs qui lui étaient venus en aide ont de nos jours disparu. La visite des enfants du S/Sgt Bergeron au cours de laquelle ils ont pu rencontrer les descendants des sauveteurs de leur père permet de perpétuer et de transmettre, au-delà des générations, la mémoire de ceux qui ont lutté pour un idéal de liberté.

 

20-21 mai 2017

 

Léglantiers, Saint Just-en-Chaussée, Wavignies

Froissy, Crèvecœur-le-Grand (Oise)

 

Visite de la famille du S/Sgt Louis I. WATTS

 

 

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Au cours du mois de mai, nous avons eut le grand honneur et le plaisir d’accueillir sept membres de la famille Watts en provenance des états de l’Arkansas et de Caroline du Nord. En effet Louis W. et Peggy Watts, Michael et Lynnette Watts, Vicki Olsen, ainsi que Louis M. et Anna Watts, nous ont honorés de leur visite. Louis W., Michael et Vicki, sont les enfants du S/Sgt Louis I. Watts secouru dans notre région en 1944 tandis que Louis M. est son petit-fils.

Le déroulement de cette visite n’aurait pu se réaliser sans l’important travail de recherches de nos deux amis Pascal Pollet et Franck Signorile qui permirent, dans un premier temps, d’établir le contact avec la famille Watts aux Etats-Unis et de retracer tout le parcours de l’équipage, sans le concours des différentes familles françaises (Bègue, Boisselin, Desesquelles, Liebbe, Radziminski, Ropital), impliquées dans le sauvetage des aviateurs et sans l’excellent accueil organisé par chacune des municipalités concernées.

 

20 mai

La première étape de cette visite nous menait sur la place du village de Léglantiers. C’est en effet aux abords de ce village que le bombardier B-26 “Marauder” à bord duquel se trouvait le S/Sgt Louis I. Watts s’était écrasé le 10 mai 1944.

A la grande surprise de la famille américaine, nous attendaient nos amis des Associations “N’Oublie Pas 44” et du “Club du Loisir Historique” venus avec leurs véhicules d’époque. Ce surprenant rassemblement n’était pas sans rappeler aux plus anciens le temps de la Libération.

Leglantiers

"Rassemblement des troupes" à Léglantiers

 Plymouth

Superbe "Plymouth" d'époque.

Le long cortège prenait ensuite la direction du lieu du crash de l’appareil où tout le monde se rassemblait.

Atthecrashsite

Un panneau constitué de divers petits débris du B-26 “Marauder” était présenté à la famille Watts.

Présent parmi nous, Mr Legros avait 7 ans en 1944. Il évoqua ses souvenirs de cette journée du 10 mai 1944 lorsqu’il vit le bombardier endommagé survoler le village à très basse altitude et s’écraser. “Je n’ai pas vu de parachutes et nous pensions tous qu’il s’agissait d’un avion allemand. Les troupes ennemies sont arrivées rapidement sur les lieux…Nous avons ensuite appris que l’appareil était Américain…

Bruno Jurkiewicz, natif de Léglantiers, nous raconta les souvenirs légués par sa mère “Ce jour-là, elle se trouvait sur cette petite route. L’appareil s’est écrasé à quelques centaines de mètres d’elle. Elle a vraiment eu très peur. Elle aussi pensait qu’il s’agissait d’un avion allemand… !

Temoins

 Bruno Jurkiewicz et Mr Legros en compagnie de Louis, Michael et Vicki, fils et fille du S/Sgt Louis I. Watts.

Un ronronnement se fit soudain entendre dans le ciel au loin. En hommage aux aviateurs américains, le site du crash était survolé à plusieurs reprises par notre ami Bruno Maillard.

                        Avion  Vehicules

La longue cohorte de véhicules prenait ensuite la direction de Saint-Just-en-Chaussée, seconde étape de la visite.

Entre les villages de Léglantiers et de Ravenel, un court arrêt fut effectué au bord d’un champ où l’un des trois évadés du “Marauder” avait atterri en parachute et avait été secouru.

Champ

Louis M. Watts méditatif au bord du champ où son grand-père a possiblement atterri.

A Saint Just-en-Chaussée, une première halte fut effectuée devant la maison où demeurait Jean Crouet. Cette demeure est le premier lieu identifié où le S/Sgt Louis Watts et le Sgt William Edge furent hébergés, amenés là par le Dr Edmond Caillard. Le 12 mai 1944, les deux aviateurs quittèrent Saint Just-en-Chaussée à destination de Froissy, convoyés par Marc Cuny. Notre visite à Froissy était cependant programmée pour le lendemain.

FamilleWatts

L’ensemble de la famille Watts devant le domicile de Jean Crouet.

Les moteurs remis en marche, nous nous apprêtions à nous rendre dans le bas de la rue de Paris, où se situait la maison d’Yvonne Fossier et de son compagnon Paul Bègue.

Surprise de voir autant de véhicules américains et de GI’s dans les rues de la ville, des personnes vinrent à notre encontre. Elles se présentèrent comme étant les descendants d’une famille qui avait hébergé des aviateurs américains pendant la guerre. Quel ne fut pas notre étonnement et notre grande joie d’apprendre qu’il s’agissait des filles d’Yvonne Fossier !! C’était tout à fait inattendu !

Il est parfois des jours où l’expression “le hasard fait bien les choses” porte vraiment bien son nom, au grand ravissement de tous et particulièrement de la famille Watts et des enfants d’Yvonne Fossier. En effet, leur père, mais également Joseph Houlihan et William Edge firent partie des aviateurs hébergés, malgré tous les risques, par cette valeureuse famille Saint Justoise au début du mois de juin 1944. Quelques jours plus tard, Watts et Houlihan furent transférés à Wavignies, de nouveau par Marc Cuny, tandis que le Sgt Edge restait sur place.

Désormais tous rassemblés dans la cour où se trouvait la maison (aujourd’hui disparue) de la famille Fossier-Bègue, nous avions également le grand honneur de rencontrer Lucien Bertin.

Jeune résistant, Lucien Bertin était âgé de 17 ans en 1944 et habitait à Wavignies. Sur ordre de Georges Jauneau, chef de la Résistance du secteur, il avait trouvé temporairement refuge chez Yvonne Fossier tandis que son village semblait sous la surveillance de l’ennemi.

Lucien Bertin fut par conséquent témoin du séjour des trois aviateurs américains dans les premiers jours du mois de juin 1944. Une photo avait d’ailleurs été prise en toute discrétion à l’époque en leur compagnie dans la cour de la maison.

Begue   LucienBertin
                                                       Pascal Pollet et Paulette,                                                  Lucien Bertin

                                                 l’une des filles d’Yvonne Fossier

Ayant regagné quelques jours plus tard son village, Lucien Bertin et ses parents participèrent au sauvetage en recueillant et en hébergeant deux aviateurs britanniques, seuls survivants de leur bombardier tombé près de Wavignies.

Cette visite sur le lieu d’hébergement Saint Justois du S/Sgt Louis I. Watts et de ses deux camarades d’équipage en compagnie de leurs sauveteurs ne pouvait s’achever sans prendre quelques photos “historiques”. Sensiblement au même endroit, le cliché de 1944 était reproduit avec les descendants à la fois de l’aviateur Louis Watts et d’une partie de ses sauveteurs. Un instant de grande émotion pour tous et particulièrement pour Lucien Bertin qui, 73 ans après, côtoyait les descendants de l’un des aviateurs qu’il avait rencontré.

StJust

 Lucien Bertin avec les familles Watts et Bègue.

En début d’après-midi, la visite se poursuivait à Wavignies. Dans la rue Vincenot où se situait jadis le château détruit par les Allemands, nous avons été chaleureusement accueillis par le maire, Mr André Renaux, son conseil municipal et la population du village.

Wavignies

Mr Renaux prenant connaissance de divers documents liés au sauvetage des aviateurs. 

Un rappel sur le rôle important du groupe de Résistance de Wavignies était évoqué. Nombre d’aviateurs alliés furent hébergés par différentes familles du village. Louis Watts et Joseph Houlihan en compagnie d’un pilote de chasse américain, le 2nd Lt Harry Hunter, séjournèrent du 7 au 28 juin 1944 chez Antoinette Dhuyvetter. Quelques jours après leur départ, les Allemands cernaient le village, procédant à de nombreuses arrestations aux conséquences dramatiques.

GenevieveLeBerre

Geneviève Le Berre, convoyeuse d’aviateurs du réseau d’évasion “Bourgogne” s’était jointe à nous.

Notre visite se poursuivait par une rapide visite de la maison où demeurait Antoinette Dhuyvetter. Bien que les lieux aient été beaucoup rénovés, c’était avec un grand intérêt que la famille Watts découvrait ce lieu où leur père avait été hébergé pendant trois semaines, 73 ans auparavant.

Wavignies2

Toute l’assistance se rassemblait ensuite autour du monument aux morts où une cérémonie était organisée. Un hommage était rendu, par le maire et notre Association, aux nombreux résistants et sauveteurs d’aviateurs du village tombés pour la France suivi des hymnes nationaux américains et français.

Monument

Dépôts de gerbes au monument aux morts.

Cette journée allait s’achever par une réception officielle à la salle des fêtes de Wavignies. Lors de son discours et au nom de la municipalité, Mr André Renaux exprimait toute sa fierté et sa grande émotion d’accueillir les membres de la famille Watts. “… Aujourd’hui, la présence de cette famille américaine marque fortement le devoir de mémoire que nous devons transmettre à nos enfants et petits enfants…

SpeechWavignies

Le périple de l’aviateur était ensuite retracé, notamment son séjour à Wavignies en juin 1944, avant de conclure par ces mots “Nous n’oublierons jamais que les Etats-Unis d’Amérique ont été au côté de la France quand elle a été agressée et envahie. Nous aurons toujours une dette à leur égard”.

Très émus, les enfants et le petit-fils du S/Sgt Watts se voyaient ensuite remettre la médaille du village en souvenir de leur visite.

Après quelques mots de remerciements de Louis W. Watts au nom de sa famille et aussi très fier que son père et sa famille soient ainsi honorés, cette réception s’achevait par le traditionnel verre de l’amitié dans une ambiance très conviviale.

SpeechWavignies2

 

Vidéo réalisée par la municipalité de Wavignies

 

21 mai

Pour cette nouvelle journée, la destination était Froissy ! La visite débuta en nous rendant dans l’ancienne bourrellerie d’Eugène Ropital où Louis Watts et Joseph Houlihan furent hébergés pendant trois semaines en mai 1944. Chaleureusement accueillis par les propriétaires de la maison, la famille Watts, entourée des descendants des familles Ropital mais aussi Boisselin et Radziminski, pouvait découvrir l’ancienne grange et la cache aménagée à l’étage où étaient dissimulés les aviateurs.

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Les familles Watts et Ropital.

La visite se poursuivait à quelques centaines de mètres de là, dans l’ex-maison de Jean Boisselin où William Edge avait été hébergé. Ancien “Magasin de Nouveautés”, la bâtisse a depuis été rénovée mais il était émouvant pour tous, particulièrement pour la famille Boisselin, de redécouvrir les lieux de leur enfance.

ChezBoisselin

Photo souvenir dans le jardin de la maison avec les familles Boisselin et Ropital.

Mme Sabbagh, maire du village, et l’ensemble de sa municipalité, avait organisée une réception officielle en l’honneur de la visite de cette famille américaine sur les lieux où leur père et grand-père avait été recueilli, en dépit des risques, par des membres de la Résistance locale.

Après avoir évoqué le parcours de Louis Watts et de ses compagnons d’équipage, Mme Catherine Sabbagh poursuivait par ces mots : “…Aujourd’hui est un grand jour ! Nous célébrons ensemble ces temps glorieux quand votre père transportait des bombes sous les ailes de son avion pour stopper l’invasion allemande. Mais en fait, il ne transportait pas uniquement des bombes, il apportait avant tout la Paix et la Fraternité. Nous ne l’oublierons jamais !...”      

SpeechFroissy

Mme Sabbagh, maire de Froissy

Après les hymnes nationaux, la municipalité de Froissy remettait à la famille Watts des photos des lieux du village où les aviateurs avaient été recueillis.

Au nom de toute sa famille, Vicki, fille de Louis Watts, remerciait chaleureusement l’ensemble de la municipalité ainsi que toutes les personnes présentes, très ravie également d’avoir l’opportunité de remercier toutes les familles françaises qui avaient secouru son père. “…Notre père aimait le peuple de France et il a transmis cette affection à ses enfants… Il parlait peu de la guerre mais évoquait souvent les braves personnes de la Résistance qui avaient risqué leurs vies pour l’héberger ainsi que des milliers d’autres soldats alliés… Il aimait tant la ‘Marseillaise’ qu’elle a été joué le jour de ses obsèques en 1984…

Cette chaleureuse réception se concluait par le traditionnel verre de l’amitié et quelques photos-souvenirs.

SpeechVicki   CadeauxFroissy

Militaires

Gunner

 

Avant de nous diriger vers Crèvecœur-le-Grand, une halte était effectuée dans le village de Puits-la-Vallée où le séjour des aviateurs Louis Watts et Joseph Houlihan était évoqué.

Dodge

PuitslaVallee

Puits-la Vallée

Crèvecœur-le-Grand était l’étape finale de la visite de la famille Watts. Une rencontre très émouvante était organisée, dans la cour de l’ex “Garage Moderne”, avec Jean-Mary Liebbe.

Ancrés dans sa mémoire, les souvenirs de Jean-Mary Liebbe, âgé de 8 ans à l’époque, étaient des moments d’autant plus précieux. Très modeste mais également très fier de rencontrer les enfants de l’un des aviateurs hébergés par ses parents en juillet 1944, il témoigna du rôle très actif de sa famille au sein de la Résistance pendant cette terrible période de l’Occupation au cours de laquelle il était si risqué de venir en aide aux libérateurs tombés du ciel.

Liebbe

Jean-Mary Liebbe

Au pied de l’imposant Hôtel de ville paré aux couleurs américaines, la famille Watts était ensuite accueillie par la municipalité de Crèvecœur-le-Grand, dirigée par son maire Mr André Coët. Nombre d’élus régionaux et départementaux nous honoraient de leur présence.

En guise de bienvenue, le Conseil Municipal des Jeunes marquait aussi sa présence en déployant un amical “Welcome”.

Welcome

La réception officielle se tenait à l’étage, dans la magnifique salle François 1er reconvertie en salle des mariages. Séjournant à Crèvecœur-le-Grand, le Roi de France y dormit en 1520.

Dans son discours, le maire, Mr André Coët, retraça le parcours d’évasion du S/Sgt Louis I. Watts qui l’amena à séjourner à Crèvecœur-le-Grand. Il rendit également hommage aux nombreux habitants de cette bourgade qui n’hésitèrent pas à risquer leur vie en recueillant des aviateurs alliés tout au long du conflit. La répression allemande était alors implacable.

Prenant ensuite la parole, Mr Olivier Dassault, député de l’Oise et petit-fils du célèbre avionneur, rappela les liens et la solide amitié qui ont toujours unis les Etats-Unis et la France dans les périodes difficiles de l’Histoire. Apprenant que la famille Watts arrivait en grande partie de Little Rock, il ne manqua pas de mentionner qu’une filiale du Groupe Dassault Aviation est implantée dans cette ville de l’Arkansas.

SpeechCrevecoeur  Dassault

                           Mr André Coët assisté de Mme Garault pour la traduction.                                       Le député Olivier Dassault

Les élus se partagèrent ensuite l’honneur de remettre à l’ensemble de la famille Watts la médaille de la ville de Crèvecœur, symbole de reconnaissance envers leur père et grand-père.

VickiDassault

Vicki recevant la médaille de la ville des mains du député Olivier Dassault.

Après des mots de remerciements de la part de la famille Watts, un diplôme, signé du Gouverneur de l’Arkansas exprimant toute sa gratitude envers la population de Crèvecœur venue en aide au S/Sgt Louis Watts, était offert à la municipalité.

Diplome 

Le diplôme du Gouverneur

Tout le monde était ensuite invité à se rendre à la salle de réception. En guise de bienvenue, la chorale Saint Nicolas entonna quelques chants du répertoire classique et patriotique ainsi que quelques airs américains tout à la joie de nos hôtes.

Cette magnifique journée s’achevait une nouvelle fois par le traditionnel verre de l’amitié.

Chorale

La Chorale Saint-Nicolas

ReceptionCrevecoeur

Cette visite inoubliable fut très émouvante pour la famille Watts. Elle a pu retracer, pendant ces deux jours, le chemin qui avait mené leur père et grand-père vers la Liberté. Les nombreuses rencontres leur ont permis de remercier avec profondément de gratitude les descendants des familles de notre région qui vinrent en aide à l’aviateur en 1944.

 

 

30 octobre 2016

 

Mello (Oise)


Visite de Joy ETIENNE

nièce du T/Sgt John H. LEAHY

445th Bomb Group de la 8th Air Force
 

                                                                                                        
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T/Sgt John H. Leahy

T/Sgt John H. Leahy

Dimanche 30 octobre. Par cette belle journée ensoleillée d’automne, la municipalité de Mello et notre Association ont rendu hommage à l’équipage du B-24 “Square Dance. Ce bombardier de type “Liberator” du 445th Bomb Group fut abattu par la Flak sur les hauteurs de la commune le 27 juin 1944 lors d’une mission de bombardement sur la gare de triage du Petit-Thérain, près de Creil.

Chateau de Mello

 Le château de Mello

Dans ce village, surplombé par son magnifique château, nous avions le grand honneur d’accueillir Mme Joy Etienne et son mari venus de Seattle, dans l’état de Washington, (de leur propre initiative, Joy et son mari s’étaient déjà rendus discrètement à Mello l’an dernier). Son oncle, le T/Sgt John H. Leahy, originaire de Chicago, était opérateur-radio à bord de l’appareil. Il fut l’un des quatre membres de l’équipage qui perdit la vie au combat lors de cette mission tragique.

Accueillis par Mme Gauvin, maire du village et son conseil municipal, toutes les personnes présentes ont été invitées à se rassembler autour du monument aux morts pavoisé aux couleurs américaines. A la base de cet édifice, une plaque de marbre rappelle le sacrifice des Lts Arlee Reno et Walter Strychasz, du T/Sgt John Leahy et du S/Sgt Walter Schum, membres de l’équipage du “Square Dance” ainsi que celui du 2nd Lt Joseph Stone, pilote de chasse américain, tous tombés pour notre Liberté.

Cérémonie de Mello

Hommage rendu à l’équipage devant le monument aux morts

 

 Monument aux morts de Mello

 La plaque où sont gravés les noms des cinq aviateurs américains.

Après des mots de bienvenue, la cérémonie débutait par le discours de Mme Gauvin.

“Il y a 71 ans se terminait la pire tragédie du 20e siècle, probablement la pire de l’Histoire de l’Humanité. Le peuple français retrouvait le chemin de l’espoir et la France celui de son Histoire. Dans les rues de nos villes et de nos campagnes se propageait la joie. Une joie n’ayant d’égale que la douleur et les pleurs qui avaient marqué les six années de souffrance qui prenaient fin.

La douleur et les pleurs d’un peuple occupé, auquel on avait ôté la liberté. La douleur et les pleurs qui avaient jalonné le quotidien des familles, d’ici et d’ailleurs, amputées par la perte d’un père, d’un frère, d’un fils, d’un oncle.

Un oncle, celui de Joy, le Sergent John Harold Leahy, 32 ans, opérateur radio, perdra la vie à Mello…”

Mello - Joy Etienne et Mme Gauvin

Discours de Mme Gauvin, maire de Mello

Mme Gauvin évoqua ensuite avec beaucoup d’émotion la tragédie survenue au dessus du village le 27 juin 1944 et le destin de chacun des dix membres de l’équipage du bombardier. Son allocution se terminait par ces mots : 

Nous, ici présents, n’avons pas connu cette guerre, nous avons donc le devoir de ne pas oublier. Nous devons continuer à rendre hommage, à nous souvenir et à témoigner. Mais nous devons également transmettre un message de paix en maintenant notre vigilance et en agissant constamment dans le respect de ces principes. C’est notre Histoire, l’Histoire de la France….Les années qui viennent s'annoncent comme déterminantes pour l'avenir de notre pays et du monde entier. Nous devons sans cesse porter haut les valeurs républicaines et démocratiques que nos aînés nous ont léguées…”

Mme Joy Etienne prit ensuite la parole et retraçait avec passion et émotion le passé de son oncle, le T/Sgt John Harold Leahy. Né en 1911, il était le second fils d’une famille de quatre enfants résidant dans un quartier de la classe ouvrière de Chicago. Une épidémie de fièvre emporta sa jeune sœur Hazel en 1926 à l’âge de 14 ans. Quelques mois plus tard, son père décédait.

“… John, qui prit le nom de ‘Bill’ d’après un héros de film, était un garçon maladif. La fièvre affaiblissait son cœur, aussi. Elle affectait sa capacité à faire du sport et il essaya à plusieurs reprises de rejoindre l'Armée. Il ne se considérait pas lui-même comme faibleLes deux frères, Walter et ‘Bill’ étaient des hommes d'affaire et possédaient une petite entreprise dans la rue LaSalle, dans le quartier financier de Chicago…”

Mello - Discours de Joy Etienne

Joy retraçant la vie de son oncle

John H. Leahy se maria au début des années 30 avec la fille du boulanger du quartier où il habitait. Le couple n’eut pas d’enfant.

“… La famille lisait deux ou trois journaux quotidiennement. Ils pouvaient se rendre compte que la guerre arrivait… Le 15 septembre 1941, des médecins de l’Armée auscultèrent le cœur de Bill et l'acceptèrent en tant que volontaire. Mais les médecins savaient que Bill devait avoir un emploi pas trop éprouvant physiquement. Opérateur-radio était bien parce qu'il pouvait s'asseoir lors des longs vols. Il a appris à tirer. Il a aussi appris les premiers secours”.

Chicago - John H. Leahy et sa femme Helen

Chicago – 27 novembre 1943 - John H. Leahy et son épouse Helen  

 

Après de nombreux mois de formation, John H. Leahy fut affecté au 445th Bomb Group. Il quitta les Etats-Unis et rejoignit la base de Tibenham, en Angleterre, en décembre 1943. Dès lors les dangereuses missions de bombardement au dessus des territoires tenus par l’ennemi vont se succéder. Dans ses correspondances, il rassurait toujours sa famille, affirmant que tout allait bien et qu’il rentrerait bientôt au pays.

“…La star de cinéma d’Hollywood Jimmy Stewart était pilote sur le même aérodrome. Ce fait a été important pour déterminer où se trouvait mon oncle parce que ma famille ne le sut jamais. La famille savait seulement que Bill avait été tué au combat en France... Le 27 juin 1944 était la 35e mission de mon oncle. Il allait rentrer au pays pour devenir instructeur opérateur-radio qualifié pour les nouveaux remplaçants s'IL avait atterri à Tibenham, en Angleterre… Je me sens très honorée aujourd'hui que votre village et vous se souviennent de ce groupe d'aviateurs courageux et de tous vos héros… S'il vous plaît, n’oubliez jamais ! Le plus grand cadeau que nous avons est la Liberté”.

Cette évocation de la vie du T/Sgt John H. Leahy par sa nièce fut traduite simultanément par notre amie Mauricette Gallégo, native de Mello et très attachée à l’histoire de cet appareil depuis de nombreuses années !

Cette cérémonie se poursuivait par un dépôt de gerbes suivie d’une respectueuse minute de silence et des hymnes nationaux.

Toutes les personnes présentes étaient ensuite conviées pour partager le verre de l’amitié.

Mello - Dépôt de gerbes au monument aux morts 

 Dépôt de gerbes

Mello - Joy Etienne, Geneviève Le Berre et Mme Gauvin
Joy et Mme Gauvin entourant Mme Geneviève Le Berre, convoyeuse d’aviateurs
au sein du réseau d’évasion “Bourgogne”,qui nous fit l’honneur d’assister à cet hommage.
 
Mello - Avec Joy Etienne
Moment de fraternité !
 

La journée du lendemain fut consacrée à la visite du lieu où s’abattit le B-24 Square Dance”. Le site, désormais si paisible où la nature a repris ses droits, ne laisse rien apparaître de la tragédie survenue 72 ans plus tôt excepté un petit monument en pierre érigé depuis de nombreuses années. Des petits bouquets de fleurs ont été déposés devant la stèle enlacée d’une multitude de petits drapeaux de la bannière étoilée par Joy. S’ensuivait une émouvante minute de silence en mémoire de l’équipage du bombardier.

Mello - Lieu du crash du B-17 # 42-95280 “Square Dance”

 

Mello - Stèle en mémoire du B-17 Mello - Lieu du crash du B-17 # 42-95280 “Square Dance”

La stèle sur le lieu du crash

Les jours suivants, Joy et son époux ont profité de leur séjour dans notre région pour visiter successivement le Musée de l’Aviation de Beauvais-Warluis, le château de Chantilly et le Musée Gallé-Juillet à Creil.  

Cette chaleureuse rencontre avec Joy fut à la fois un grand moment de reconnaissance mutuelle et de partage. Le sacrifice du T/Sgt John H. Leahy et de ses compagnons d’équipage, tombés pour la Liberté de notre pays et de l’Europe, se doit de ne jamais tomber dans l’indifférence et l’oubli.

 

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