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  • B-17G-85-VE 44-8846 - F-AZDX - (FTV)

 

6 et 7 août 2017

 

Ully-Saint-Georges, Clermont (Oise)

 

Visite de Jane COOPER,

petite-fille du 2nd Lt Jarvis H. COOPER

 

 

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                                                                                                           In English anglais 

 

Jane Cooper, jeune new-yorkaise, et son mari Jesse qui effectuaient leur tout premier voyage en France nous ont rendu visite en ces premiers jours d’août. Très attachée à l’Histoire, Jane est venue découvrir les lieux qui avaient marqué une partie de la vie de son grand-père, le 2nd Lt Jarvis H. Cooper, au cours de l’hiver 1943/1944.

Le 2nd Lt Jarvis H. Cooper était navigateur à bord de la Forteresse volante “Judy” du 379th Bomb Group abattue le 30 décembre 1943 aux abords du village d’Ully-Saint-Georges, entrainant dans la mort quatre des dix occupants de l’appareil.

2nd Lt Jarvis H. Cooper

2nd Lt Jarvis H. Cooper

Le 2nd Lt Cooper fit partie des rescapés. Il fut immédiatement secouru près du hameau de Bonvillers, proche de Cauvigny, avant d’être dirigés vers Neuilly-en-Thelle. La suite de son évasion dans le département de l’Oise le verra passer à Crouy-en-Thelle, Clermont, Noailles, Montjavoult et Chaumont-en-Vexin, pris en charge par le réseau d’évasion “Alsace” dirigé par Gilbert Thibault à Auneuil.

Il séjourna ensuite à Paris. Début mai 1944, en cours de convoyage vers la frontière espagnole, le 2nd Lt Cooper et son pilote, le 2nd Lt Glenn Camp, furent faits prisonniers à bord d’un train près de Bayonne. Tous deux terminèrent la guerre au Stalag Luft I de Barth, en Allemagne, jusqu’à leur libération, début mai 1945, par l’Armée soviétique.

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C’est à Ully-Saint-Georges que nous avons accompagné Jane et Jesse. La population du village dont certains témoins du crash du bombardier ainsi que nos amis de l’Association “N’Oublie Pas 44” et leurs véhicules militaires d’époque s’étaient rassemblés auprès de la stèle rendant hommage aux aviateurs. Une réception était organisée en toute convivialité par la municipalité. Pendant ce temps, un appareil de l’aéroclub de Beauvais-Tillé, piloté par notre ami Bruno, survolait le village en hommage aux aviateurs américains.

Stèle d'Ully-Saint-Georges

Moment d’émotion pour Jane Cooper devant la stèle.

Après un dépôt de gerbes de fleurs au pied du mémorial, Yvon Corvellec, 1er adjoint, prenait la parole. Très honoré d’accueillir une nouvelle fois la famille de l’un de ces aviateurs américains, il prononçait quelques mots traduits simultanément en anglais :  

“…La présence de Jane nous va droit au cœur et nous fait plaisir car elle nous donne l’occasion de rendre un hommage sincère aux courageux aviateurs américains qui, comme Jarvis Cooper et comme tous ceux dont les noms sont à jamais gravés sur cette stèle, ont risqué, et parfois donné, leur vie pour que les démocraties triomphent de la barbarie nazie… Cette visite nous permet aussi d’évoquer la mémoire et de remercier les Français … et ils n’étaient pas si nombreux … qui ne se résignèrent pas et prirent tous le risques pour que survive notre liberté menacée… La petite cérémonie, solennelle et chaleureuse, qui nous réunit aujourd’hui associe, dans un même hommage, ces héros américains et français, connus ou anonymes et nous permet ainsi, non seulement, d’accomplir notre nécessaire devoir de mémoire mais aussi de célébrer, à notre modeste niveau, l’indéfectible amitié entre nos deux pays”. 

Ully-Saint-Georges

Très émue et contenant difficilement ses larmes, Jane, témoignant toute sa gratitude, remercia la municipalité ainsi que les habitants du village et toutes les personnes qui avaient pris tous les risques pour secourir son grand-père, soulignant qu’elle ne serait sans doute pas présente en ce jour sans leur bravoure.

  Stele Ully-Saint-Georges

Photos-souvenirs auprès de la stèle

Ully-Saint-Georges

Après avoir été convié à partager en toute convivialité le verre de l’amitié dans les locaux de la mairie, le temps était venu de prendre congé de nos amis d’Ully-Saint-Georges. La suite de notre visite allait se poursuivre à Clermont.

Plymouth - Ully-Saint-Georges

Départ d’Ully-Saint-Georges à bord d’une “Plymouth”.

C’est en effet dans cette ville au cœur du département de l’Oise que nous avons accompagné Jane. Elle put se rendre devant le domicile de la famille Legrand-Sauvage où son grand-père séjourna, en compagnie de son pilote et de quatre autres aviateurs américains, pendant trois semaines au cours du mois de janvier 1944.

Odette Sauvage - Gaston Legrand  Clermont
                                                   Odette Sauvage et Gaston Legrand                                                    Jane devant la maison, sur les hauteurs

                                                                                                                                                              de la ville, où son grand-père fut hébergé.

La journée du 6 août est une date qui revêt toujours un aspect particulier à Clermont. En effet, le 6 août 1944, au petit matin, le Résistant Jean Corroyer tombait sous les balles allemandes à proximité de son domicile après avoir été dénoncé. Arrêtés et déportés, sa femme et son fils ne revinrent jamais des camps d’extermination nazis.

Jean Corroyer était un ancien officier de la marine marchande, radioélectricien et adjoint de Georges Fleury dans la Résistance. Comme chaque année, une cérémonie était donc organisée pour lui rendre hommage ainsi qu’à sa famille par l’Association des Anciens FFI et leurs Amis, présidée par Patrick Fleury, et la ville de Clermont.

Jean Corroyer    Clermont

Le cortège composé de porte-drapeaux, d’élus municipaux, de membres des Associations accompagnés de Jane et Jesse et par la population, se rassemblait devant l’hôtel de ville avant de se diriger vers le lieu de la commémoration.

Clermont - Hommage à Jean Corroyer 

Dépôt des gerbes

Après le dépôt de gerbes devant la plaque commémorative, Patrick Fleury, prenait la parole pour rappeler le parcours et le rôle dans la Résistance de Jean Corroyer au côté de son grand-père, Georges Fleury.

Patrick Fleury  Clermont - Jane Cooper, Dominique Lecomte

                            Patrick Fleury                                                                           Jane Cooper et Dominique Lecomte                            

Evoquant aussi le devoir de mémoire, il déclarait “…faire savoir aux jeunes générations que certains comportements sont intolérables sous peine de perdre les droits fondamentaux qui font la force de notre République…

Au côté de Jane et au nom de l’Association des Sauveteurs d’Aviateurs Alliés, Dominique Lecomte retraça ensuite le parcours du 2nd Lt Jarvis Cooper qui l’avait amené à séjourner dans la ville au cours de son évasion. Un hommage était également rendu à tous les résistants clermontois et de sa région qui, dans un infaillible dévouement, avaient pris tant de risques pour soustraire à l’occupant ces hommes tombés du ciel. “…Cet hommage à Jean Corroyer et la présence exceptionnelle de Jane aujourd’hui, nous permettent de ne pas oublier les liens qui unissaient les combattants de l’ombre aux combattants des airs. Ils luttaient pour le même idéal, pour que la France retrouve sa Liberté…

Cette cérémonie en mémoire de la Résistance clermontoise, conclue par le Chant des Partisans et l’hymne national, fut de nouveau un moment de grande émotion, particulièrement pour nos visiteurs américains. Jane confia que, comme tant d’autres aviateurs alliés, son grand-père n’avait jamais oublié les sacrifices consentis par tous ces courageux Français qui lui avaient sauvé la vie au péril de la leur. Le 2nd Lt Jarvis Cooper est décédé en 1996 mais en 1977, lors d’un voyage en France en compagnie de son épouse, il était parvenu à retrouver et à remercier personnellement certains de ses sauveteurs.

L’ensemble de l’assistance était ensuite conviée à l’hôtel de ville pour le traditionnel verre de l’amitié.

Le lendemain de cette mémorable journée, nous avons accompagné Jane et Jesse sur le lieu du crash de l’appareil, à proximité du village d’Ully-Saint-Georges.

Ully-Saint-Georges - Site du crash

Dans le bois escarpé, une croix et un drapeau américain indiquent le lieu exact où le B-17 “Judy” avait terminé sa course le 30 décembre 1943. Parsemant la végétation et à sa grande stupéfaction, Jane a pu découvrir que de nombreux petits débris d’aluminium ou de plexiglas de l’appareil rappellent encore de nos jours le drame qui s’était déroulé là, 73 ans auparavant.

Ully-Saint-Georges - Site du crash
De multiples petites pièces de métal du bombardier à bord duquel se trouvait son grand-père

ont été précieusement emportés par Jane en souvenir.

Malheureusement, le temps passait hélas trop vite et le moment était venu pour nos amis américains de nous quitter. Très touchés par l’accueil chaleureux qui leur a été réservé tout au long de leur visite, Jane et Jesse ont promis de revenir nous rendre visite dans un proche avenir. En attendant, la suite de leur périple allait les emmener dans le Sud-Ouest de la France pendant quelques jours avant leur retour à New York.

 

Nous avons 3 invités et aucun membre en ligne

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